La mode rend folles les femmes

Source: plus.google.com

Entre élégance, « classe », mode et santé, on choisit de perdre la dernière. Mais on arrive après tout à s’en plaindre. Étonne, l’idée d’une chose pareille. Ce weekend, j’ai eu une formidable compagnie. Comme il plaît à mon cœur.

Ce que l’ami qui s’est marié a demandé était clair : « être là. » Bien entendu, là présent, près du couple marié, en habits de fêtes, il va de soi. Un pantalon, une chemise, une cravate, … j’étais prêt. Savez-vous quoi pour ma compagne ? Il a fallu quatre jours de randonnées au centre-ville de Lubumbashi, les trois premiers étant copieusement consacrés à l’identification des « bons coins ». Puis, celui de l’achat venu, il fallait choisir. Je vous conseille de ne pas compter le temps d’essayages, des cogitations sur la nature des tissus, des coutures et des modèles définitifs à prendre. Ah, les vendeuses du coin ! Elles n’en finissaient pas d’admirer, de proposer de nouveaux modèles !

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A la soirée, toutes semblaient avoir maîtrisé les règles de jeux jamais dictées à quiconque. Des plus croquettes aux moins préoccupées par la mode : robe de soirée fixée juste au-dessus des seins, têtes coiffées à l’occidental avec des cheveux artificiels savamment laissés tomber sur le visage. L’exception était là, mais qui pouvait la voir !

Assez régulièrement un doigt passe sur le visage pour redresser quelque cheveu tombé près de l’œil. Ou carrément on hoche la tête ou on la secoue par un mouvement de demi-cercle remuant par l’arrière. Ah, il faut voir avec quelle naïveté inquiétante on veut absolument ressembler aux cousines blanches. Oh télévisions étrangères et cinémas, si vous saviez ce que vous avez fait de nous !

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En tout, on veut ressembler aux cousines blanches. Photo : www.imatin.net

Les  talons hauts

Arrive le moment où la piste est déclarée ouverte. Par peu de grâce, je ne suis pas bon danseur. On y est malgré tout. Les mariés aussi. Curieux ! Les hauts talons sur lesquels plusieurs sont juchées deviennent un calvaire et sujet des plaintes, aussitôt le premier tub fini. « Pourquoi alors as-tu mis ces trucs »? Ai-je demandé. « Tu ne vois donc pas que c’est beau? Regarde, toutes les femmes ne mettent que des talons hauts ». Se vêtir pour les autres. C’est toute une sociologie innovante. Mais quelle vie éphémère que cette élégance !

Une jeune fille raconte comment sa copine est tombée alors qu’elle se rendait à la faculté, il y a quelques mois. « Elle n’avait pas prévu des talons plats. On était pressées, car il y avait interrogation. C’était à la descente du bus. J’avais pris quelques pas d’avance et elle tentait de me rejoindre. Elle est tombée très mal. » Heureusement pour elle, seule sa mini-jupe avait sauté, déchirée en plein campus, devant des étudiants curieux et voyeurs venus « secourir ». C’est finalement une autre fille, moins coquette mais habillée en pagne, qui la couvrira de son pagne de plus. Un pagne de sécurité, comme on l’appelle. Mais tout cela disparaît progressivement. J’ai eu un témoignage d’une autre qui aurait subi une entorse à l’occasion d’une chute causée par un faux pas avec des talons hauts.

Enfin, qu’elle est folle, la mode. Ces chaussures qui donnent une taille de plus aux moins grandes blessent assez rapidement. On ne peut longtemps les porter, on ne peut marcher longtemps avec… on les porte juste pour un temps. Quelle drôlerie d’élégance ! Un tout petit temps qui ennuie, oui. Mais cela a été un long moment de découverte. Mais je me demande si j’ai compris les femmes de ma ville.

À propos de l'auteur

Didier Makal

Journaliste qui blogue. Chercheur en communication, intéressé par les TIC, auteur. Aime la lecture et les films. Vit à Lubumbashi, dans le Katanga, en RDC.

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