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Joseph Kabila a bel et bien reçu les messages de Moïse Katumbi. Lundi 5 janvier il a envoyé des messages forts. Il promet que l’autorité de l’Etat se fera sentir davantage dorénavant au Katanga et met en garde contre tout dérapage. Un discours assez applaudi par des notables katangais que le chef de l’Etat a réunis. Moïse Katumbi et Antoine-Gabriel Kyungu, le président de l’assemblée provinciale du Katanga n’y étaient pas.

Il veut  du repos au Katanga

Joeph Kabila, président de la RDC

« Je me  nourris et me rassasie de politique à Kinshasa. Au Katanga, je viens me reposer » pas parler de politique ni polémiquer a dit Joseph Kabila. Sans les nommer, il s’est adressé au gouverneur Moïse Katumbi qui a fait entendre dans une énigme son opposition à un troisième mandat (« 3e pénalty injuste ») de Joseph Kabila. Mais aussi à Antoine-Gabriel Kyungu, président de l’assemblée provinciale du Katanga qui a sympathisé avec le gouverneur du Katanga.

Il s’adresse alors « aux responsables katangais. »

Joseph Kabila rappelle qu’il est aussi katangais et que personne ne peut se croire plus katangais que les autres. En plus, ce n’est qu’une province comme les autres et jamais un pays, et que désormais l’autorité de l’Etat devra s’y « faire sentir davantage. » A-t-il remarqué qu’il a perdu davantage de vue auprès des Katangais ? Pas moins sûr, il a glissé une phrase qui peut donner à interpréter : « Pour moi c’est un challenge, si non un défi, être aussi présent ici (au Katanga).»

En tout cas, l’accueil de Moïse Katumbi de retour de Londres où il s’est fait soigner d’une tentative d’empoisonnement daté de 2011 y est pour quelque chose. Kyungu wa Kumwanza annonçait que jamais un homme politique n’avait été accueilli au Katanga comme Katumbi.

A la perspective d’un envahissement du terrain dans un match de football au « 3e pénalty injuste » selon l’énigme de Moïse Katumbi, Joseph Kabila répond que ce n’est pas la première fois que l’on a promis l’hécatombe dans ce pays, souligne-t-il en citant le conflit de 2006 autours de la présidentielle et celui de 2011. « Il n’y aura rien du tout en 2016. » pour lui, les débats autour de la fin de son mandat sont une distraction ; il a encore deux ans devant et  un bilan à présenter au peuple. « Je ne laisserai personne répandre le sang dans cette province, dans ce pays. » Il ironise même « on dirait que la guerre manque à certains ! »

Et ceci semble partir à l’endroit d’Antoine-Gabriel Kyungu dont le parti a été accusé d’entretenir une milice. « S’il y a une milice, qu’elle se dissolve elle-même! »

Kabila accuse de mauvaise gestion

Il y aurait aussi une mauvaise gestion de la province sur le plan économique. Le Katanga a reçu bien plus d’investissements, principalement dans le secteur minier. Des dizaines des milliards des dollars US, a dit Joseph Kabila. L’assemblée qui devrait contrôler l’exécutif semble ne l’avoir pas fait alors que la pauvreté et la misère s’accentuent dans la province. Le chef attend des comptes de ceux qu’il a nommés et n’en a pas à leur rendre. Même avec peu de rétrocession des recettes nationales, on devrait présenter des réalisations, fait-il remarquer.

Il prend l’engagement de réduire cette pauvreté. « Si tu reviens de Kolwezi, passant par Likasi, Lubumbashi et Kasumbalesa, tu es frappé par deux faits : le nombre (impressionnant) des trucks qui transportent les minerais, et la pauvreté des populations le long de la route » fait observer le chef de l’Etat. Il veut que la sous-traitance revienne aux nationaux pour ainsi renverser le taux de cette pauvreté. Une véritable campagne de reconquête des cœurs des katangais, ce discours économique. Portera-t-elle ? Laissons voir.

Un politicien s’étonne que ce soit seulement maintenant que pareil discours vient du chef de l’Etat. Est-ce pour couler Katumbi ? Difficile de le savoir. Il y a de la matière. En 2011, Jean-Claude Muyambo publiait des « lettres ouvertes » dans lesquelles il décriait une gestion scandaleuse du Katanga par son allié d’aujourd’hui, Moïse Katumbi. La stratégie peut viser à faire éclater le remariage entre Jean-Claude Muyambo et Moïse Katumbi qui se sont détestés cordialement il y a deux ans.

Les tensions ethniques

Le chef de l’Etat parle aussi de Kolwezi, c’était même le sujet en tête. Vano Kiboko qui a affiché son soutien à Moïse Katumbi, le présentant comme « dauphin du chef de l’Etat », est vu en ligne de mire. La justice le poursuit pour « incitation à la haine tribale » dans l’affaire qui oppose les Basanga, communauté dont il est originaire, et les autres communautés du Lualaba notamment les Lunda (Aruund) dans l’affaire « Kolwezi province. »

L’association Luanzo lwa mikuba que Vano Kiboko préside refuse que Kolwezi soit le chef-lieu de la future province du Lualaba. Elle exige que l’actuel district urbano-rural de Kolwezi soit érigé en province dans la perspective du découpage territorial annoncé par la constitution de 2006.

Joseph Kabila annonce que la loi est déjà votée et la suite est logique : histoire finie. Il s’étonne que l’on en vienne à des divisions et même à un quasi bras-de-fer avec le pouvoir central alors qu’aucun débat n’a eu lieu à l’assemblée provinciale pour exprimer une opposition à une disposition de la constitution qui prévoit ce découpage territorial.

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