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En janvier 2015, répondant au fameux discours de Moïse sur le 3e faux penalty dans lequel il refusait le 3e mandat de Joseph Kabila, le chef de l’Etat congolais annonçait avoir habitude d’aller se reposer à Lubumbashi et non faire la politique dont il se repait à Kinshasa. Les choses ont changé, Lubumbashi est devenu aussi un centre politique où se jouent de grands. Difficile de s’en passer.

L’opposition marque des points à Lubumbashi

Le 5 mars, une marche pour le dialogue, officiellement à l’initiative de la société civile, a été annulée in extremis, à l’heure où les manifestants devaient quitter leurs communes pour converger au centre-ville. En cause : l’appel à marcher « aussi », contre la marche officielle, lancé la veille par Gabriel Kyungu wa Kumwanza, un des 7 frondeurs exclus de la majorité au pouvoir. Les organisateurs se sont contentés d’annoncer qu’ils avaient décidé de laisser les femmes organiser la journée internationale de la femme, le 8 mars. D’aucuns ont vu la victoire de l’opposition sur le pouvoir, d’autant plus ce report a été le 2e consécutif.

Lubumbashi, centre-villeA cette date, alors qu’officiellement les femmes se réunissent à l’église kimbanguiste, au centre de la Lubumbashi, les ténors du G7 prient à la basilique Sainte Marie dans la commune Kenya, fief de Gabriel Kyungu, chef de l’Unafec. Un télescopage entre le convoi du commissaire spécial du Haut-Katanga et celui des membres du G7 sur l’avenue Likasi, a même été évité de justesse, selon le chef de la police dans la région, qui explique pourquoi la police a largué des gaz lacrymogène.

Au Katanga « tout est sous contrôle de la majorité »

Mercredi, les opposants ont achevé leurs rencontres à Lubumbashi. Le lendemain, jeudi, le secrétaire général du PPRD, parti presidentiel, Henri Mova, a été accueilli en pompe, précédé des ministres et leaders politiques katangais. Officieusement, ils viennent combattre les messages du G7, « montrer que tout est sous contrôle » et que le Katanga reste le fief de Joseph Kabila, explique un militant du PPRD, parti présidentiel.

C’est la même stratégie, depuis la démission de Moïse Katumbi du gouvernorat du Katanga et de ses fonctions de secrétaire fédéral du PPRD, Kinshasa fait monter en première ligne les katangais pour combattre les discours à l’encontre du chef de l’Etat, katangais lui aussi. La région, et sa capitale Lubumbashi, ne sont pas seulement poumon économique de RDC, elles sont aussi faiseurs de président depuis la chute de Mobutu. Et, depuis la colonisation belge, le Katanga a gardé un caractère spécial incarnée par la Gécamines, la parastatale productrice de cuivre et de cobalt. Le Katanga a porté Laurent-Désiré Kabila jusqu’à Kinshasa, il a offert le plus de voix pour les deux élections (2006 et 2011) gagnées par Joseph Kabila, comme le fait remarquer cet article d’Afric Arabia. En janvier 2015, Joseph Kabila le présentait comme son lieu de repos, et non de querelles politiques. Qui tient Lubumbashi tient le Katanga, en effet, et a de l’influence en RDC.

La région, même démembrée en quatre provinces, semble garder son influence, avec désormais comme challenger, Moïse Katumbi, ex-allié de Joseph Kbaila, entré en opposition. Il bénéficie du soutien de Charles Mwando Simba, chef d’un parti (Unadef) populaire dans le Tanganykia, Kyungu wa Kumwanza de l’Unafec, influent notamment à Lubumbashi et Danis Banze de Likasi. La MP n’est pas prête à perdre la main sur Lubumbashi, comme l’indique le déploiement de jeudi 10 mars. Qui gardera le contrôle de Lubumbashi ? La bataille ne fait que commencer.

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