Moïse Katumbi à la croisée des chemins

Deux chemins s’ouvrent devant l’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, et opposant à Joseph Kabila : l’exil et la prison. Du choix qu’il va opérer entre ces deux maux, dépendra son avenir politique en République démocratique du Congo. Katumbi, en effet, est candidat à la présidentielle prévue en 2016.

Le procureur général de Lubumbashi a décidé de ne pas poursuivre avec les auditions de l’ancien gouverneur du Katanga, accusé de recruter des mercenaires. Accusation portée par le ministre de la justice Alexis Thambwe, qui a aussi ordonné les enquêtes (lire Le Soft International). Le procureur a donc renoncé à la confrontation des suspects dans cette affaire, notamment l’américain Darryl Lewis, présenté comme le cerveau du mercenariat imputé à Katumbi. Ce dernier nie toutes les accusations et explique que Darryl Lewis travaillait pour sa sécurité.

Katumbi doit choisir entre la peine de mort et la prison

Moïse Katumbi arrive au palais de justice de Lubumbashi pour une audition, vendredi 13 mai 2016. Photo M3 Didier

Moïse Katumbi arrive au palais de justice de Lubumbashi pour une audition, vendredi 13 mai 2016. Photo M3 Didier

Le plus intéressant, c’est de considérer l’optimisme du procureur qui inculpe Moïse Katumbi d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat : il laisse libre le prévenu, actuellement malade, de se faire soigner à l’étranger ou en RDC. C’est sans crainte de fuite, et pour celui qui veut vraiment juger et faire appliquer la justice, ce laxisme étonne.

Une fois en exil, revenir au pays pour le candidat à la présidentielle équivaudrait à aller directement en prison. Le procès qui l’attend sera une simple formalité : le gouvernement se montre déterminé à obtenir sa condamnation.

Les faits imputés à Moïse Katumbi sont punis de mort, d’après le code pénal congolais. Il faut être suicidaire pour revenir chez soi dans un tel contexte. Le mandat d’arrêt provisoire du procureur dit en d’autres termes : Moïse Katumbi, sauve-toi et oublie ta candidature à la présidence.

Mais l’exil est aussi suicidaire que le retour au pays ou le refus de l’exil. A coup sûr, il annihilerait tout espoir de participer à la présidentielle, pour Katumbi. Il ne contrôlera plus rien sur le terrain, il n’inquiétera plus personne et sera présenté comme un fugitif, ayant peur de la justice parce que coupable.

Moïse Katumbi, meneur de jeu

Quoi qu’il en soit, le meneur de jeu, dans cette affaire, c’est Katumbi lui-même. Président du Tout-Puissant Mazembe, le célèbre club de football basé à Lubumbashi, il comprend bien ce que cela veut-dire mener un jeu. C’est ce que veut dire le choix que lui laisse le procureur. Va-t-il marquer des buts, ou se limiter simplement à dribbler et développer son bon jeu, offrant des spectacles, comme il l’a fait durant les trois jours de son audience popularisée ? Il peut compliquer la tâche à Kinshasa mais aussi la lui rendre facile : tout cela dépend de la décision qu’il va prendre maintenant et après ses soins en RDC ou à l’étranger. Une condamnation en martyr devrait lui rapporter beaucoup de gains politiques, mais la question c’est comment se tirer de ces accusations graves ?

14 Commentaires

  1. Très belle analyse. Il est vrai que la raison du plus fort est toujours la meilleure. Mais je crois savoir que les accusations portées contre Katumbi ne convainquent personne et peuvent être détruites en un clin d’oeil par les brillants avocats qu’il a.. Une éventuelle parodie de procès ? Sans doute, mais cette fois c’est le monde entier qui a les yeux baraqués sur cette affaire. Une condamnation dans un sens ou dans l’autre soulèverait un tollé général et pourrait être la goutte d’eau qui ferait déborder le vase. Le meneur de jeu Katumbi ne peut manquer d’éventer le piège qui lui est tendu par l’inattendu et inexplicable arrêt des audiences et le drôle de mandat d’arrêt. Une fuite en avant pour le pouvoir, selon moi… Je crois avoir entendu Katumbi dire qu’il ne se laisserait aucunement intimider et je suis persuadé qu’il l’a dit en connaissance de cause.

  2. La réponse à tes questions se trouve peut-être dans la chronique de l’humoriste Mamane d’aujourd’hui sur RFI. Dans tous les deux cas de figure, l’exil où la prison, président fondateur aura réussi à se débarrasser d’un candidat sérieux. Lol

  3. c’était prévisble pour un pouvoir pris et géré grace aux armes katumbi ne l’emporterait jamais grace ou à cause de sa popularité à Lubumbashi. mercenaire le pouvoir devrait etre informé katumbi risque de tout avouer le mieux serait de l’emprisonner comme son frère muyambo qvec toute une ribambele de verité sur l’iranium et la corruption. quand on trahi alors qu’on a juré ffidélité il n’ya que ceci comme pris cher compatriote Moise, Didier makal l’a dit à toi de jouer surtout que tu continue jusqu’ici à etre populaire car tout montre noir sur blanc qu’il n’ y aura pas élection et meme alors tu es disqualifié.

  4. Didier et all, sachez que Plus vous laissez Le temps au lieu de voyager pr Ouaga au Yafoye, Plus votre puissante Agence Nationnale de Refoulement aura d’autres manoeuvres pour ejecter Votre Bien Aime Future . Je crois a l’adage Lunda  » Kilole Moya Hakiwezi ku lokota Tshawa » c’est donc a VOUS DE JOUER , Le ballon etant sur l’av YAFOY, les terrains de Kassavubu, lumumba, Mobutu, … Peuvent vs servire d’aire de jeu surtou en decampant et entonant la Kassaparde, et bien Plus , Vous eviterez a votre Champion du Golfe, le Refoulement orchestre par le  » Tou-Puis-Sang » president fondateur, Du Gondwana a travers le Coach kalev.

  5. une bonne matière à réflexion cher Didier ! cependant orientons un peu nos réflexions sur l’arrestation des quatre présumés mercenaires détenus à l’agence nationale de renseignement à Kinshasa dont un américain Daryll Lewis. quel serait leur sort au cas où le richissime président du prestigieux club congolais de foot choisissait le chemin de l’exile ? au cas où il acceptait son retour au pays pour répondre de ses actes, puisque s’estimant innocent , son jet sera-t-il autorisé d’atterrir ? n’Est-ce pas une fuite en avance orchestrer par le président fondateur de la république très très démocratique du GONDWANA ?

  6. Je crois que Moïse Katumbi et le Magistrat Instructeur ont mis fin à la série qui n’avait que trois épisodes. Le choix de l’inculpé déterminera son avenir politique. Cependant, je note qu’avant de devenir Président en Afrique du Sud, Mandela a passé, pour une cause juste, une vingtaine d’années en prison. Moïse n’a pas choisi la Belgique pour ses soins mais le pays de Mandela. La symbolique me préoccupe. Puisque les morts ne sont pas morts, Nelson Mandela indiquera la voie, l’exil ou la prison, à Katumbi qui prétend être son acolyte.

  7. Bonjour, je m’appel Barclays, ceci est vraiment un bon blog. je viens de l’exterieur du pays et je suis intriger par ce qui se passe dans mon pays. merci pour se genre d’initiatives. bonne chance.

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *