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Que la vie soit belle en 2016 !

Voici 2016 ! Espoir et craintes, mais aussi pessimisme, se mêlent. Optimistes, désirons malgré tout : plus d’ouverture, plus de protection pour notre monde, plus de tolérance, plus de liberté et de fraternité ! Prenons la vie du bon côté et, que la vie soit belle ! D’abord, ce qui m’a ému en 2015.

Les trois grandes pandémies d’Afrique en 2015

Invincibles en 2015, trois maladies ont secoué l’Afrique. Certaines vont s’inviter en 2016 :

  1. Ebola qui a tué plus de 11.300 personnes, volant la visibilité au meurtrier paludisme (pdf), à la faim et aux guerres. Pourtant, ces pandémies (c’en est une, la guerre!) sont des plus mortelles.
  2. La corruption, ce fardeau que dénonce Transparency International, en passe d’être le sport qui va détrôner le roi football. Elle renforce répression et pauvreté.
  3. Mais la plus forte d’épidémies frappe (encore) des chefs d’Etat : le refus d’alternance pacifique et la révision des constitutions pour des mandats présidentiels interdits.

Espérons que ceux qui comptent sur la solidarité du monde pour stopper ces maladies ne seront pas déçus. Un proverbe Chokwe[1], en effet, prêche solidarité et devoir d’ingérence : « Lamba la mukwenu, lamba jey », c’est-à-dire : « la souffrance de ton prochain, c’est ta souffrance ». Ebola enclin à l’internationalisation l’a bien démontré.

Les migrants, la terreur en 2015

Plus d’un million de migrants sont arrivés en Europe, fuyant la guerre, principalement les syriens, et fuyant l’instabilité de leurs pays, la pauvreté, pour les africains. La paix, chacun se l’imagine selon son pays. En commun, les migrants ont l’Europe comme terre d’espoir. Mais l’Europe ne pourrait contenir le monde, hélas !

Migrants africains en méditerranée

Des migrants en méditerranée. Source: zodiac/Flikr

Mauvaise nouvelle pour les libertés citoyennes : le journal satirique Charlie Hebdo a été frappé par des terroristes en janvier. Néanmoins, le monde a opposé une résistance sans précédent: « Je suis Charlie », notre profession de foi aux libertés citoyennes universelles. Mais au risque d’une liberté sans bornes, le droit de porter une arme n’a pas empêché des fusillades dans les écoles et universités aux Etats-Unis. C’est sans oublier les vestiges d’une réconciliation inachevée entre noirs et blancs, à l’image de cet anniversaire de la mort de Michael Brown à Ferguson, malgré les avancées enregistrées depuis des siècles.

L’Afghanistan, l’Irak, les Grands Lacs, la Lybie, l’Afrique Orientale et le Maghreb, des problèmes qui attendent nos solutions en tant que communauté humaine qui fraternise et partage un sort commun. Plusieurs de ces coins ont oublié ce qu’est la paix.

Que les forts soutiennent les faibles

Bonnes nouvelles ! 2015 s’achève quand même sur une note d’espoir à Paris : apaiser la terre en ébullition d’ici à 2030 en réduisant de 2°C. Mais réduire du CO2 dans l’atmosphère seul ne suffira pas. Les armes et les guerres détruisent gravement la planète. Oui, les conflits énervent la terre!

Que les puissants et les riches seuls vivent dans le calme, sans famines, sans guerres ni épidémies,  cela n’apaise ni rancœurs ni rêves au bout du monde à propos des eldorados. L’homme ira sans cesse chercher à vivre où il se sent le plus en paix. « Ubi pax, ibi patria! » L’oasis de paix européenne ou américaine risque d’être bientôt débordée !

2016, fraternité, humanité, solidarité

2016, que l’espoir renaisse. Photo M3 Didier

Que la vie soit belle en 2016

Je veux un lendemain souriant pour toute chair. Que la terre s’apaise, que l’étranger trouve hospitalité, que l’espoir renaisse ! Pas naïf et rêveur d’un monde sans problème, mais je crois en la capacité des hommes d’être plus Humains encore et plus inventifs pour stopper des cataclysmes. Un peu comme avec la Cop 21 ! Je veux que tu redeviennes terres d’espoir, ô Afrique ! Retrouve ton statut de terreau des civilisations, ô Asie ! Je voudrai que la paix repose sur la terre et pas sur une oasis. Oh, Europe ! Toi qui hier étais sœur, ouvre-toi ! Vive la fraternité en 2016!

Ouvrez les cœurs, et pas seulement les frontières ! Que les forts soutiennent les faibles, les riches les pauvres ! Que les croyants tolèrent les incrédules et les athées. Personne n’a reçu de Dieu le droit de tuer. Que la terre s’apaise avec cop 21, que les armes se taisent, que la vie soit belle. Visons comme des frères.

[1] Les Chokwe sont un groupe ethnique présents dans le Lualaba, dans l’ex Katanga, en RDC. Ils s’étendent jusqu’en Angola.

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La mairie de Lubumbashi capitule après la mort du taximan Mwamba

Le 28 octobre 2015, Mwamba, un chauffeur de taxi, s’immole par le feu pour protester contre les arrestations parfois sa 6e arrestation dans trois jours, par un policier de roulage. Lubumbashi est dépité. Au lendemain, le maire de la ville retire des parkings ses services qui percevaient aussi de l’argent. Du coup, des questions sur la destination de cet argent et sur la pertinence de ce service qui parfois a agi comme la police.

Les agents du service de parking de la mairie de Lubumbashi, et d’autres présentés par des chauffeurs comme « agents de la mairie », opéraient, à côté de la police. Prétendument pour mettre de l’ordre. Comme la police, ces agents ont commencé à arrêter aussi des chauffeurs en stationnement litigieux, sur les routes de Lubumbashi. En septembre, il est même arrivé qu’ils ont détenu des convoyeurs au cachot, durant 3 jours. Le maire les libérait après les avoir présentés à la presse comme ne respectant pas son ordre de quitter les parkings. Un fait qui ne justifie pas une garde à vue qui plus, ne respecte pas de délai.A Lubumbashi, le rapport, sur la route, signifiee donner de l'argent à un policier

Hors de la nomenclature amandes transactionnelles

Police et service de parking de la mairie de Lubumbashi font payer des amandes à ceux qui ne respectent pas des normes de circulation routière. Mais c’est « sans preuve de payement », explique un chauffeur. « À la mairie, là on ne discute pas. Si l’on vous a demandé 100.000 FDC (environ 110 USD), et qu’il reste même 1000 FDC, l’argent peut même vous être jeté à la figure », explique Jean Pie, un journaliste dont une voiture a été plusieurs fois arrêtée.

A la mairie comme à la PCR[1], les contraventions financières se règlent de main en main, en violation de l’arrêté interministériel n°001 du 28 août 2012 qui fixe les « taux des droits et taxes à percevoir à l’initiative de la police nationale congolaise »[2] contraventions à payer pour des fautes légères, fautes gérables au niveau des OPJ. Cet arrêté, « une loi au sens large du terme », selon l’avocat Christian Luzinga, est ignoré à dessein fait remarquer l’avocat.

« Lorsque que quelqu’un qui est informé de l’existence de ce document, reconnaissant sa faute, va payer d’après ce qui est fixé, l’OPJ lui répond : « cet arrêté ne tient pas compte des réalités » ».

Arrêt interministériel n°001 du 28 août 20112 fixant les amandes transactionnelles en RDC

Arrêt interministériel n°001 du 28 août 20112

Les contraventions financières sont à payer à la banque, d’après cet arrêté « qui ne tient pas compte des réalités »! La réalité du terrain, c’est que les chauffeurs de taxi préfèrent bien régler avec des agents mis sur leurs routes plutôt que d’aller aux bureaux où c’est plus dur. Partout, l’argent passe de main en main.

Des fautes parfois forcées

S’arrêter devant un contrôleur ou un policier de roulage a pris l’habitude de se solder souvent par une infraction. « Même en ayant tous les documents exigés, on trouvera au moins une faute pour payer de l’argent », commente Francis, un conducteur de taxi.

Des agents sur les routes de Lubumbashi doivent des « rapports » à leurs chefs. Il s’agit non pas d’un compte rendu d’une activité, mais d’un pourboire apporté à son responsable. Alors sur la route, des policiers demandent de l’argent aux automobilistes ou, sont tentés d’exercer quelques pressions sur des conducteurs, surtout ceux du transport urbain. Voir Photo en Une.

A lire: « RDC: un taximan s’immole par le feu à Lubumbashi »

Il faut savoir se couvrir surtout. Des chauffeurs ont établi des amitiés avec des agents de l’ordre ou des contrôleurs. Ils ont des « parrains ». Le phénomène est connu de plusieurs. « Certains véhicules ne sont jamais arrêtés, quoi que fassent leurs conducteurs, explique Francis. « C’est parce qu’ils sont protégés par des policiers ou des autorités influentes ou ayant des connaissances à la police. »

Au cours d’une rencontre avec les associations des chauffeurs de Lubumbashi, mercredi 4 novembre 2015, général Jean-Bosco Galenga, chef de la police au Katanga, a dénoncé cette pratique et promis des sanctions contre les parrains.


 

[1] Police de circulation routière : brigade de la Police Nationale Congolaise chargée de roulage.

[2] Cet arrêté actualise l’Arrêté interministériel n° 061/CAB/MINNTERDESEC/2006 et n° 097/ CAB/MIN/FINANCES /2006 du 13 juin 2006 portant fixation des taux des droits et taxes à percevoir à l’initiative de la Police Nationale Congolaise(pdf).

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Moi, l’impôt?

Quoi, l’impôt ?

Pas aujourd’hui, de grâce !

Videz le camp, je veux de l’air

Je suis asphyxié.

Partez !

Je ne le paierai pas à vous.

Où est Tonton

RDC: Un homme victime d'une fusillade. Source: afriquemonde.org

RDC: Un homme victime d’une fusillade. Source: afriquemonde.org

Et Tantine ?

Où sont-ils ?…

Sans sépulcre :

Là dans les gosiers des vautours !

L’impôt que j’ai payé hier,

La dot pour sa 7e

Une kalachnikov,

Une boîte de minutions !

je baigne dans un fleuve de larmes.

Demain … Read More