Le français tel que nous l’aimons, tel que nous l’avons appris à l’école, avec ses règles, ses lois générales et ses exceptions parfois drôles… qu’en restera-t-il avec les femmes et surtout les Canadiens ? Parité homme femme, genre, féminisme : voilà la porte par laquelle entrent des idées qui chamboulent notre langue.

Les règles de la langue changent

Le féminisme chamboule les règles du français. Source: theoriedugenre.fr

Le féminisme chamboule les règles du français. Source: theoriedugenre.fr

Mais les mots exclusivement masculins vont disparaître et notre langue va sans doute devenir autre. Appelons cela changement ! Mais ça gêne ! J’accuse le Canada et le féminisme !

Je me rappelle encore, j’ai été puni un jour à l’école pour avoir dit avocate alors que ce mot était uniquement masculin. Un avocat, que vous portiez M ou F à l’état-civil, insistait le prof de français, fidèle à la tradition d’hommes de son genre qui voulait qu’il fût rigoureux, qu’il tînt aux normes, aux règles… Ah, tout cela est fini ou presque. Que j’ai été inutilement puni ! Que toutes les règles sont simplement des fantaisies. Et la grammaire, que deviendra-t-elle sans normes rigoureuses ?

Les sexes des mots

Féminiser ? C’est peut-être décidément le premier produit de l’esprit d’importation canadien en termes du français. Loin des évolutions néologiques par lesquelles l’Afrique enrichit sans bruit le français, les Canadiens inventent des sexes pour les mots.

Le mardi dernier, alors que je finalise mon reportage vidéo sur la grève des magistrats, je lance à un ami pour rire : « Dis-moi, quelle qualité je donne à cette femme : une magistrate, vais-je paraître trop vieux ? » « Quoi ? Tu devrais relire ta grammaire », lance-t-il, ironique. Dans la foulée, il avoue qu’il ne suit pas trop ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique. Je lui parle alors de magistrateavocateprofesseure, etc. Ces mots qui se féminisent désormais. Il aura à peu près ces mots : « Les femmes avec leurs genre et parité viennent tout nous prendre ! » Pour un vieil enseignant de français, c’est simplement « du bordel » ces changements ! « On ne féminise pas tout. On n’arrivera pas à donner à tous les mots féminins de nouveaux sexes ! »

Les femmes, plus puissantes que les mots

Déjà les dictionnaires avalisent des néologismes, les Parlements créent des lois à l’image des femmes de plus en plus puissantes. Mais elles restent loin de s’avouer vainqueurs. « Vainqueuses » ? Le Canada trouvera sans doute un féminin à cet adjectif. (Ça sonne déjà très moche !) Trouver des féminins aux mots monosexués, il sait le faire, en effet ! Je ne suis pas misogyne. Je ne hais point ce pays formidable qui enrichit le français.

On ne parle plus que de la femme. Avoir une femme présidente de la République, comme en Allemagne, au Liberia … paraît bien plus commode. « Quand on dit liberté ou égalité, c’est en faveur de la femme. Mais lorsqu’il faut se mettre en première ligne au front, ce sont les hommes ! Nous voilà les moins nombreux » ironise un journaliste. Demain, les hommes ne vont-ils pas courir après les femmes, comme elles aujourd’hui, pour demander quelques droits perdus avec le vent canadien et de manière générale, américain de féminisme !

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