Chacun pour soi, Ebola pour tous moins l’Afrique !

Article : Chacun pour soi, Ebola pour tous moins l’Afrique !
18 octobre 2014

Chacun pour soi, Ebola pour tous moins l’Afrique !

Chacun pour soi, mais Ebola pour tous. Il faut bien ne pas imaginer l’Afrique dans le « tous ». Elle vient de manquer une fois de plus, de marquer des points dans la gestion de cette maladie. L’Afrique fait preuve non seulement d’une incapacité de coordination des efforts pour venir à bout de cette maladie désormais à portée mondiale, mais elle ne fait rien du tout en tant qu’organisation continentale. Comme toujours, l’Occident vole au secours. Sans doute, il ne faut pas imaginer que c’est avant tout par amour de l’Afrique. Il faut arrêter le mal à sa source. C’est plus simple à comprendre.

Ebola Stop
Un agent de santé en tenue de protection contre Ebola. Conception photo M3 Didier

Il ne faut pas imaginer une Union africaine pragmatique face aux grands enjeux africains, en tout cas, pas pour le moment. Limitation des frontières entre Etats, de démocratie, dictatures, fin des mandats pour les dirigeants, pauvreté, conflits armés et de bonne gouvernance… ça cogite, puis rien. Toutes ces questions n’ont jamais trouvé des résolutions solides en Afrique.

Bonjour Ebola

Ebola est là une fois de plus et rien du tout, hormis des discours. A l’inverse, c’est l’Union européenne, l’ONU et des Etats occidentaux qui s’en préoccupent. Des millions ici, des milliers de dollars là, et en Afrique ? Pourtant, dans les discours, l’UA veut s’assumer comme puissance continentale hors de qui il n’y a pas de salut. Mensonge. Il se révèle, et c’est déjà dit, qu’elle est un simple club de chefs d’Etat en quête de protection et de complicité pour le pouvoir.

Des frontières sont fermées plutôt que d’apporter de l’aide, des rendez-vous de football reportés et des vols d’avion annulés… toute une économie en danger et tout un symbole d’inefficacité et surtout, d’incapacité de prouver une union. Il faut finalement que chaque pays s’arrange pour arrêter son mal. Tant pis si vous mourez chez vous, pourvu que ça ne vienne pas chez nous. Mais hélas, Ebola est déjà aux Etats-Unis, en Allemagne, en Espagne, en France et peut-être demain, en Asie quelque part !

Il faut s’attendre à pis encore. Aujourd’hui c’est Ebola, demain on ne sait quoi ! Et bientôt, si rien ne s’améliore, c’est toute l’économie continentale qui devra souffrir puisque le monde arrêtera de fréquenter l’Afrique. Chaque fois qu’un visiteur arrive à un port, à un aéroport… on s’inquiète, on attend 21 jours, et ça tourne en rond. Puis, le vertige, la peur.

Au secours de l’Ouest !

Où il fait plus mal avec Ebola, c’est en Afrique de l’Ouest. Un nouveau décompte macabre a été fait en début de la semaine qui s’achève, à l’ONU : 4 000 décès sur près de 9 000 cas suspectés ou détectés. En quelques mois, Ebola atteint un seuil de nuisance facilement comparable au sida. Plus grave que ce dernier, il tue vite et se propage rapidement. Il y a urgence. L’Afrique devrait vite agir, se montrer solidaire et prouver cette solidarité.

De bons résultats en RDC

Ebola
Une équipe de lutte contre Ebola en RDC. Source: www.radiookapi.net

La République démocratique du Congo vit sa 7e crise d’Ebola. Et comme chaque fois, dans le calme elle a été gérée. Cette année, plus d’un mois a suffi pour noter des résultats satisfaisants. A ce jour, elle est presque finie d’après les informations du ministère de la Santé de ce pays. Le succès sur Ebola en RDC tient peut-être à la situation géographique de la région de Boende, dans la province de l’Equateur. Une région complètement enclavée facile à mettre en quarantaine.

Un médecin explique qu’il n’y a rien de spécial que l’observance des strictes mesures d’hygiène : ne pas toucher les morts, ne pas manger la viande d’animaux trouvés morts, se laver proprement les mains … isoler les patients et les soigner avec des sirops, etc.

Une folle panique

Je suis loin de croire que les Congolais soient devenus les seuls capables d’assimiler ces leçons que connaissent tous les médecins et qu’ils enseignent d’ailleurs même en Afrique de l’Ouest où, semble-t-il, cet Ebola est intenable. Sans doute, on me dira que les souches des virus de ces maladies (Souche RDC et Afrique de l’Ouest de cette même maladie). Mais c’est quand même Ebola ! C’est qu’il y a quelque chose de commun à ces deux Ebola. On peut donc s’inspirer des pratiques qui ont réussi en RDC.

Et donc, je considère qu’il y a du business sous la mobilisation contre Ebola. Certes, Ebola reste réel et tue. Mais que le monde n’arrive pas à l’arrêter, cela paraît suspect. La stratégie pour ceux qui en tirent profit consiste ainsi à faire davantage de bruit en vue de mobiliser le plus de moyens pour vendre… en réalité des placebos. Puisqu’en fin de compte, il n’y a pas de solution contre Ebola à ce jour. Un médecin français disait il y a quelques semaines qu’il n’y a que l’observance des strictes mesures d’hygiène qui peut tout arrêter.

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Commentaires

Daniele Castaigne
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EBOLA est transmis par les singes, qui eux même le tiennent des chauves souris, pourquoi ne pas commencer par faire comprendre aux africains qu'ils ne doivent pas ni commercialiser ni manger du singe. Il semblerait que l'on trouve encore sur les étals en Afrique des singes morts ouverts comme des carcasses de moutons, pauvres petites bêtes. Ne suffit il pas des poulets, des moutons et des porcs ?

C'est bien sûr le travail des gouvernants d'interdire et de contrôler ce massacre d'animaux mais c'est aussi la responsabilité de chaque africain, de ne plus en consommer et de rejeter les chasseurs et vendeurs de singes. Ebola est une bonne leçon pour les africains comme la vache folle le fut pour nous, à qui nous donnions à manger des carcasses de boeufs en poudre à des végétariens !

La nature est intelligente et elle trouvera toujours des ressources pour se défendre, mais les hommes têtus et orgueilleux s'imaginent pouvoir la dompter, il suffit de regarder les cataclysmes pour vérifier que la terre est plus forte que nous.

On ne peut arrêter ni un cyclone, ni un tsunami, ni un tremblement de terre, ni une éruption volcanique.Les épidémies cesseront quand les hommes changeront de niveau de conscience.