« Le premier ordinateur du monde est africain »

Article : « Le premier ordinateur du monde est africain »
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11 mai 2015

« Le premier ordinateur du monde est africain »

Voici la dernière découverte qui vous replonge dans bagarre : « Le premier ordinateur du monde est africain. » Celui qui parle ainsi le croit ferme comme pierre. Muleka Ditoka wa Kalenga, originaire de RDC, est mathématicien. Il a soutenu une thèse à l’université de Sao Paulo au Brésil, en 1987,sur le kissolo, un jeu africain « populaire »

Le mathématicien

Kissolo, "premier ordinateur de l'humanité"
Le kissolo, jeu africain étudié par Muleka Ditoka

Plongé dans l’ethno-mathématique, cette discipline qui postule que chaque peuple a ses maths propres, Muleka Ditoka découvre que le kissolo est construit sur le langage binaire, celui-là même à l’origine de l’ordinateur moderne. Ce jeu en 8 colonnes, 4 lignes, répandu en RDC et en Afrique, affirme-t-il, est essentiellement mathématique. « Huit colonnes et quatre lignes, ça signifie que le kissolo est une matrice. Donc, à partir de la théorie matricielle, je suis parvenu à découvrir les équations de kissolo qui sont les équations différentielles ou linéaires ». Pour en jouer, on procède au remplissage des cellules. « Cellule occupée, cellule vide, vide, vide, occupée occupée … c’est tout un langage de programmation que les Noirs ont créé ». La combinaison « case vide, case remplie » comparée à signal correct, signal incorrect de la binarité informatique (01011010), permet à Muleka de rapprocher l’ordinateur moderne du kissolo. C’est lui qui vous commande, il vous dit : « Mettez par ici, tirez par-là alors que l’ordinateur électronique actuel c’est plutôt vous qui donnez les commandes ». Il arrive même à distinguer les dispositifs d’entrée, de sortie, les périphériques, dans le kissolo.

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Muleka Ditoka,chercheur | Capture d’écran

Conjugué avec l’expérience du livre du destin égyptien, un livre d’oracles, le kissolo a permis à Muleka de produire un logiciel qui donne des oracles. Métaphysique ou non, son auteur pense qu’il n’y a rien de suspect. Vous demandez par exemple en début de la journée si vous gagnerez de l’argent, son logiciel vous répond. « Et cela arrive. » Prédiction et numérique, voilà un mariage curieux et intéressant à voir si la science de Muleka prospère. Après tout, on ne sait pas encore jusqu’où va la numérisation de nos sociétés ; encore que des marabouts se sont emparés eux aussi des ordinateurs !

Africaniste, « revanchiste » ?

Mais Muleka Ditoka, une soixantaine, est on ne peut plus baroudeur. Pour tout dire de sa découverte qui est en réalité « une lutte », il cite Cheik Anta-Diop, l’égyptologue africaniste ! C’est-à-dire celui-là même qui
surprend le monde en 1954 lorsqu’il annonce que les premiers pharaons, que les doués géomètres bâtisseurs des pyramides d’Egypte, que les concepteurs « des premières mathématiques de l’univers », étaient Noirs. Le kissolo premier ordinateur du monde, « cela doit faire notre fierté » estime Muleka. Et après ? Fierté, ce n’est pas ce qui manque aujourd’hui à l’Afrique. Elle porte en elle sa fierté par essence, l’Afrique ! Il ne suffit donc pas de la chanter. Surprenant, n’est-ce pas, le surplace de cette Afrique malgré les diplômes et les découvertes de ses enfants ? Qu’elle ait fabriqué des calculatrices, qu’elle ait des alphabets plus anciens ou non, la question principale qui se pose c’est qu’est-ce qu’elle a fait de ce qu’elle sait aujourd’hui ?

Le Kissolo
Une joueuse du kissolo au Katanga | Source: Léon Chiyaz, facebook.com

« Les Noirs premiers en… », un Noir ou Africain « premier humain sur la terre », l’Afrique elle-même réhabilitée berceau de l’humanité, etc. Le chercheur de San Paulo se greffe donc dans cette lignée : « Selon Voltaire, l’intelligence des Noirs est proportionnelle à la taille de leurs cheveux : cheveux crépus, et donc courts, intelligence courte », écrit-il. Des mensonges, selon Muleka. Les mathématiques kongo en RDC, les mathématiques égyptiennes, les maths bambara peut-être, les maths pour tout le monde… pourquoi alors l’Afrique berceau des maths, s’il y en a « pour toutes les ethnies » selon la suggestion de l’ethno-mathématique ?  Qu’Aristote ait étudié les maths en Egypte « noire » ou que Jésus s’y soit rendu pour apprendre la science comme certains allèguent, qu’est-ce qui change ?

Les Maths « cartésiennes » ont révolutionné le monde jusqu’aux TIC, le multimédia. Et celles d’Afrique ? Le kissolo reste le même. Et où il s’est amélioré, il a quitté le sol pour être gravé sur un bois. C’est le retour de la bataille. Mais qu’elle sent une inutilité ennuyeuse. Enfin ! il a fallu démontrer que les Noirs ont créé quelque chose. Pourquoi pas !  Bravo cher Muleka pour le Kissolo, « l’ordinateur africain ». Mais ira-t-on plus loin ? Les yeux tournés vers San Paulo.cartésiennes

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Commentaires

Serge
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Mais, je l'ignorais, c'est vraiment intéressant comme travail.

renaudoss
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Joli. Même si je ne saurais être plus en désaccord avec toi sur ton point de vue sur la question. D'abord il n'y a là rien de surprenant, l'Awalé (nous l’appelons Awalé chez nous) est en effet un exemple intéressant de modélisation algorithmique. Que les Africains soient à la base de l'ordinateur, c'est un fait. Un fait. Point final.

(J'ai quelque peu abordé la question sur mon article sur les Fractales Africaines, enfin c'est encore autre chose)

renaudoss
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Ce sont des travaux intéressants. Malgré tout.

Quant à l'inutilité de ces "découvertes", la question est beaucoup plus complexe et fine que ça.

Pour paraphraser FANON, ce n'est pas de savoir que les égyptiens étaient noirs qui va changer grand chose au présent de l'Africain.

Certes, ça ne change rien au quotidien du congolais moyen, mais il faut le savoir. Il ne s'agit pas de la chanter sur tous les toits à longueur de journée, quand même.
A l'école on nous parle de Voltaire, Platon, Descartes et compagnie. Ce serait bien de parler d'Imhotep, Méricarè, Al'jazarri, Ahmed Baba ou Zéra Yacob.

Bref, bel article, :)

Didier Makal
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Merci bceaucoup cher ami. Je réalise que le jeu est réellement africain. j'ai avant tout hésité. mais l'homme m'a paru crédible et ses explications soutenables. voilà comment je suis arrivé à en parler, des mois après l'avoir rencontré. Que l'histoire, les faits soient connus, c'est utile. tu l'as bien. et après? Voilà le principal. Merci.

Muleka Ditoka wa Kalenga
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Merci Didier. Je vous avais déjà remercié en son temps. Je renouvelle mes remerciements pour avoir divulgué mes recherches, mieux, les résultats de ma thèse. Je reviens là-dessus car beaucoup de vos lecteurs aimeraient savoir à quoi servirait le fait de savoir que les noirs ont construit les premiers ordinateurs. la question que je me pose est celle de savoir si tout le monde est capable de poser et de répondre à la question suivante; "c´est quoi l´ordinateur?". Cette question n´a de sens que lorsqu´on se limite à ce que l´on voit, le corps appelé hardware. Dans le cas d´espèce, le corps du kissolo ou awale c´est le système des colonnes et des trous où on place des graines ou information (1/0). La réponse à ma question à travers le hardware n´est ni complète ni réelle. Car la propre question est fausse. Dire "c´est quoi l´ordinateur" n´a aucun sens. La vraie question est: "que fait l´ordinateur?". L´ordinateur est une machine cybérnétique à calculer. Tout ce qu´il fait c´est calculer. Ainsi donc, quand je dis que les africains ont inventé le premier ordinateur de l´humanité, je veux dire qu´ils ont inventé et appliqué la mathématique des ordinateurs, le système binaire . Nos ancêtres ont créé la théorie de l´information avant Claude Shannon et Weaver, il y a de cela plus de 20.000 ans. Cette théorie s´appelle "l´os de Ishango". Nos ancêtres ont appliqué la théorie de l´information dans l´invention du jeu awale il y a plus de six mil ans: d´abord en Egypte sous forme du Livre du Destin; ensuite en Afrique dite noire, sous forme du awale ou kissolo. Prochainement, je publie les résultats technologiques de mes recherches.

Didier Makal

Merci beaucoup Prof. Merci pour ces informations

Muleka Ditoka wa Kalenga

Merci Didier.
Je voudrais assurer vos lecteurs que les équations du Kissolo (jeu des cauris) et du Livre du Destin (oracle égyptien) ´ont servi pour la création d´un oracle numérique appelé MDK-53. non, il ne s´agit pas des initiales de Muleka Ditoka wa Kalenga. MDK-53 signifie Micro Digital Kisis, un programme d´ordinateur que détecte des problèmes cachés dans le subconscient et donne des réponses appropriées.
Pour jouer, on fait ceci:
1)- vous donnez un nombre entre ces cinq nombres: 1,2,3 4,5, pour déterminer le thème général contenant des problèmes. Ces nombres constituent les valeurs de la variable T ou théme;

2)- vous donnez un nombre entre ces cinq nombres: 1,2,3 4,5, pour déterminer un probléme général d´un thème. Ces nombres constituent les valeurs de la variable Q ou question;

3)- vous donnez un nombre entre ces quatre nombres: 1,2,3 4 pour déterminer la réponse. Ces nombres constituent les valeurs de la variable O ou solution au problème. les solutions sont les réponses programmées du jeu des cauris brésilien, du Livre du Destin égyptien et de la sainte Bible;

4)- vous donnez un nombre entre ces 8 nombres: 1,2,3 4,5,6,7,8 pour déterminer une lettre. Ces nombres constituent les valeurs de la variable L ou lettre;
Par exemple: {(TQLO) = ( 2-3-4-1)}
A partir de ces quatres nombres, le MDK-53 peut donner une réponse à n´importe quelle question existentielle.
Qui de vos lecteurs va vouloir jouer?
Il suffit de suivre les instructions et m´envoyer les quatre nombres. vous recevrez une réponse adéquate. l´idéal sera que vous puissiez être sincère lorsque vous recevez la réponse. Il suffira de me dire si la réponse donnée correspond réellement au problème que vous avez posé.
Allons-y.

Muleka Ditoka wa Kalenga
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Renaudoss, je suis vraiment intéressé á votre article sur les Fracatales Africaines. Pourriez-vous le disponibiliser sur ce site de Didier?
Merci.

Le Labyrinthe La Terre brûlée streaming vf
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Wow! At last I got a web site from where I can in fact obtain useful facts regarding my
study and knowledge.

MWEWA LUMBWE MULEKA
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La thèse de Muleka a été defendue à l´université de São Paulo en 1987 à l ´Ecole de Communication et Arts sous la Direction du matematicien Prof. Dr. Osvaldo Sangiorgi.

Muleka Ditoka wa Kalenga
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REFLEXIONS SUR LA SITUATION POLITIQUE ACTUELLE DE LA RDC I

Prof. MULEKA DITOKA WA KALENGA*

Je prends ma plume pour m´adresser à mes frères et soeurs de la République Démocratique du Congo - RDC; pour exercer mon droit à l´opinion sur la situation politique qui prévaut actuellement dans notre pays. J´invite, particulièrement, la jeunesse congolaise à me lire attentivement car c´est elle qui constitue le groupe des dirigeants de demain. Mais, avant tout, je voudrais me présenter. Je m´appelle Muleka Ditoka wa Kalenga (ex Magloire Muleka). Je suis diplômé en Journalisme de l´Ecole Supérieure du Journalisme de Paris; je suis licencié en Relations Internationales de l´Université Nationale du Zaïre, campus de Lubumbashi, (actuel UNILU); j´ai un Master en Publicité et Propagande de l´Université de São Paulo, au Brésil; enfin, je suis Docteur en Sciences de l´Université de São Paulo, au Brésil. Pour l´obtention de ce Doctorat j´ai découvert les équations mathématiques du jeu Kissolo et j´ai démontré que ce jeu africain, appelé Awale, est le premier ordinateur de l´Humanité. Voilà ce que je suis. En effet, il est de bonne coutume savoir avec qui nous dialogons.
Quant à mes reflexions, elles portent sur ce que tout le monde sait: la crise politique actuelle en RDC.
I- INTRODUCTION.
À mon humble avis et, contrairement à ce que beaucoup croient, cette crise n´est ni de nature légale ni de nature légitime, surtout, en ce qui concerne le mandat du Président de la République. Cette crise est de nature philosophique et constitutionnelle dans le sens que c´est la Constitution qui créé les contradictions juridiques.
L´objectif principal de mes reflexions consiste à informer, former et éduquer la jeunesse congolaise sur la nature de la crise politique en RDC. Pourquoi? Parce que, cette jeunesse, désinformée, désoeuvrée et abandonnée quand il s´agit de l´exercice de pouvoir, est souvent requisitionnée comme armée de réserve pour les manifestations de rue. Avec les conséquences létales que l´on connaît. Ces réflexions ont aussi comme deuxième objetif, présenter les contradictions existantes dans la Constitution.
_______________
*Docteur en Sciences de l´Université de São Paulo (Brésil) ; Professeur Associé à l´Université de Kamina (RDC)

Certains des articles de la Constitution sont des monstres à deux têtes, à tel point que l´Opposition et la Majorité se gladient invoquant les mêmes articles constitutionnels. L´hypothèse est que la crise politique actuelle est délibéremment créée par la Constitution et non par la classe politique en place. Dès lors, comme on dit : “morte la bête, mort le venin”. Dit d´une autre façon, l´équilibre político-social dans notre pays ne viendra que par la mort de la Constitution. Notre débat tournera autour du concept créé par l´Opposition Radicale ou le Rassemblement/Aile Limete: “Transition sans Kabila”. Evidemment, le débat s´occupera aussi de la résistance de la Majorité face à ce mouvement de « transition sans Kabila ». La discussion n´est pas de savoir si les prises de position sont politiques, car elles le sont. Le problème est de savoir si elles sont, non seulement juridiques, mais aussi et surtout, cohérentes, logiques. La démonstration de mes arguments se fera à travers l´application de la méthode et de la technique documentaires. La description de la crise sera faite à travers la lecture de certains articles publiés par les journaux et l´explication de la crise sera réalisée à travers la présentation de certains articles contradictoires de la Constitution. La conclusion portera sur des recommendations concernant la mort de la bête (Constitution) et de son venin (les contradictions). En un mot, l´analyse doit suggérer la révision de la Constitution, cause de la crise politique actuelle.
Pour développer mes idées, je voudrais suivre ce schéma:
- Description de la crise politique en RDC: analyse des articles publiés par la Presse et relatifs au mot d´ordre “Transition sans Kabila”;
- Les contradictions de la Constitution: lecture des articles 64, 70, 218 et 220 de la Constitution, ainsi que des dispositions des derniers accords politiques;
- “Morte la bête, mort le venin”: le salut du pays viendra des articles 5 et 218 de la Constitution, soit du Référendum;
- Considérations finales.
II- SUIVEZ-MOI, S´IL VOUS PLAÎT.
Mes chers frères et soeurs, quand je vous dis “suivez-moi”, je ne veux pas dire que je suis le Maître de la Vérité que vous devez suivre. Je vous invite tout simplement à accompagner le cheminement de mes réflexions, selon le plan présenté dans l´introduction.
1)- description de la crise politique en RDC: analyse des articles publiés par la Presse et relatifs au mot d´ordre “Transition sans Kabila”;
Comme tout le monde le sait, apparemment, la crise politique actuelle s´explique par le fait que les élections présidentielles (et non toutes les élections) n´ont pas été organisées à l´échéance du mandat du Président Joseph Kabila, soit le 29 décembre 2016. Dès lors, il s´est posé le problème de ce que l´on appelle “la crise de légitimité” que l´Opposition du Rassemblement veut résumer par un seul mot d´ordre: “Transition sans Kabila”.
Voyons comment se présente cette question dans les pages de la Presse congolaise.
Pour éclairer la lanterne de ceux et celles qui me lisent, j´ai glané quelques articles plubliés à l´Internet par les médias suivants: Congo.Actualités, Congo Indépendant, Digital Congo.Net, Le Phare, 7sur7.cd, le Potentiel, Jeune Afrique.
L´ensemble de ces articles sera présenté sous une forme de rédaction journalistique, sans suivre l´ordre alphabétique des noms des médias.
1.1- Le Phare: “Le Rassemblement à l´UA : Kabila, principal obstacle au processus électoral”.
En substance, Le Phare écrit:
- “En séjour à Kinshasa du 29 septembre au premier octobre 2017, le tchadien Mousa Faki, Président de la Commission de l´UA (Union Africaine) a rencontré plusieurs personnalités, parmi elles, les délégués du Rassemlement des Forces Politiques Acquises au Changement. À l´issue de cette rencontre, le Rassemblement a publié un communiqué en 6 points (....)”.
J´ai lu les six points de ce communiqué. C´est le dernier point qui a attiré mon attention. Que dit ce point? Il dit ceci:
- “Pour le Rassemblement, seule une transition sans Monsieur Kabila est une option vitale (...)”.
Il faut souligner que ce communiqué, signé par Monsieur Pierre Lumbi, Président du Conseil des Sages du Rassemblement, n´explique pas comment le Rassemblement va tirer Kabila du pouvoir.
1.2- Congo Indépendant: “L´article 64, un schéma putschiste?”.
Cette question est posée dans l´Editorial signé par Baudouin Amba Wetshi dans lequel le tabloïd défend la conduite de la CENCO dont certains membres auraient adhéré au “Manifeste du Citoyen Congolais” chapeauté par l´homme d´affaires Sindika Dokolo.
Ce Manifeste prêche l´idée d´une transition sans Kabila. Congo Indépendant déclare que ce Manifeste n´est nullement subversif:
- “(...) il s´agit d´une déclaration politique qui appelle le peuple congolais, à l´instar du message de la CENCO, à barrer la route à la dérive dictactoriale (...) par des actions pacifiques”.
Comme stratégie pour chasser Kabila du pouvoir, Congo Indépendant cite l´article 64 de la Constitution en précisant:
-“Le premier alínea de l´article 64 de la Constitution ne dit pas autre chose : ‘Tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d´individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l´exerce en violation de la présente Constitution”.
Comme on le constate, Congo Indépendant parle de l´alinéa 1 de l´article 64, mais ne révèle pas le contenu de l´alinéa 2 dont il ne parle même pas.
Dans tous les cas, Congo Indépendant fournit comme arme pour chasser Kabila de la Présidence de la République: l´alinéa 1 de l´article 64 de la Constitution. Il s´agit d´un appel du peuple à descendre dans la rue et de chasser le pouvoir en place. C´est cela qui s´appelle “Transition sans Kabila”.
Congo Indépendant avait déjà publié, en date du 18 août 2017, le “Manifeste du Citoyen Congolais-Esili”.
Ce Manifeste, à son point III, déclare:
- “Exigeons le départ de Monsieur Jospeh Kabila et une transition citoyenne dont les animateurs seront désignés à la suite d´une concertation nationale ayant mission principale d´organiser des élections crédibles, transparentes, ouvertes et libres et qui n´en seront pas candidats”.
Comment le Manifeste va-t-il s´y prendre pour chasser Kabila du Pouvoir?
La réponse à cette question est prévue au point II du même Manifeste:
-“Appelons le peuple congolais à user de son devoir sacré de faire échec, avec des moyens pacifiques et non-violents, à la tentative du Président Joseph Kabila de se maintenir au Pouvoir au-delà du 31 décembre 2017, en application de l´article 64 de la Constitution”.
Il est bien entendu que ce Manisfeste s´appuie sur l´alinéa 1 de l´article 64 de la Constitution, tout en ignorant l´alinéa 2 du même article.
1.3- 7sur7.cd: “Transition sans Kabila: Atundu accuse Katumbi-Thsisekedi-Soros-Filimbi-Lucha de ‘putsch’”.
Avant de livrer le contenu de cet article, essayons d´expliquer la présence de ce Soros dans ce débat. Qui est-il?
Pour en savoir un peu plus sur ce personnage appelé Soros, lisons ce que La Prospérité online a publié le 23 août 2017 dans son article intitulé: “Jusqu´où irait Sindika Dokolo: RDC: l´ombre de Soros signalée”.
La Prospérité écrit:
“Le nom d’un homme est de plus en plus cité pour expliquer le drame congolais. L’américain SOROS apparaît comme le cerveau moteur de cette entreprise destinée à effacer la grande République Démocratique du Congo de la carte du cœur de l’Afrique. SOROS se présente comme un milliardaire, philanthrope, grand éditeur de presse. En fait, il s’agit d’un spéculateur, déstabilisateur des économies. Sans s’embarrasser des contradictions, il soutient les ONG militant pour le respect des droits humains et l’écologie, tout en excellant dans le financement des entreprises minières et autres sociétés actives dans la pollution de la nature et dans l’exploitation de l’homme par l’homme. On l’accuse d’avoir contribué au renversement de nombreux régimes politiques”.
Voilà donc le portrait de Soros tel que dessiné par la Majorité Présidentielle, citée par la Prospérité.
Et 7sur7.cd explique la position de la Majorité sur la question brûlante de la “transition sans Kabila”. Ce média cite l´Ambassadeur André Alain Atundu Liongo:
-“(...) Il est évident que ceux qui parlent de la crise de légitimité envisagent d´écarter le président Kabila du pouvoir sans élections ne visent qu`à remettre en cause la Constitution et l´Accord de la Saint Sylvestre pour destabiliser tout le processus électoral”.
Toutefois, Atundu n´explique pas comment les Opposants “visent remettre en cause” la Constitution et l´Accord de la Saint Sylvestre.
Le 19 septembre 2017, 7sur7.cd a publié cet article: “RDC: Felix Tshisekedi et Moïse Katumbi demandent une transition sans Joseph Kabila”.
Les deux politiciens ont, le 18 septembre 2017, co-signé, à New-York, un communiqué où ils s´expriment comme suit:
-“(...) Pour prévenir le vide juridique et le chaos dans la perspective de la non-tenue des élections le 31 décembre 2017 au plus tard, nous exigeons une transition sans Monsieur Kabila, devenu illégal et illégitime”.
Ainsi donc, Félix Tshisekedi et Katumbi promettent de chasser Kabila du pouvoir. Cette fois, il y a un nouvel argument :”Monsieur Kabila, devenu illégal et illégitime”. Mais, ils ne précisent pas depuis quand le Président Kabila est devenu illégal et illégitime. Toutefois, on peut dire que Tshisekedi, parlant au nom de l´UDPS, est cohérent avec la position de ce parti politique vis-à-vis de Monsieur Kabila comme Président de la République. En effet, du vivant d´Etienne Tshisekedi, l´UDPS n´a jamais reconnu Kabila comme Président de la République. Conséquement, quand l´UDPS dit “transition sans Kabila”, il ne dit absolument rien de nouveau. Ce parti, d´une façon opportune et stratégique, actualise sa propre politique d´opposant radical contre Joseph Kabila. En plus de cela, les deux hommes ne disent pas comment ils vont faire partir Kabila du Pouvoir.
Toutefois, on sait ce que Monsieur Moïse Katumbi prétend comme solution pour faire déguerpir Kabila du perchoir du Mont Ngaliema. C´est le média Congo Actualités qui révèle la stratégie katumbiste.
1.4- Congo Actualités: “RDC: L´Opposant Katumbi veut faire appel à la rue si Kabila reste au Pouvoir”.
Le journal relate la déclaration que Katumbi a faite à France 24:
-“ Si le Président Kabila n´organise pas des élections au 31 décembre, il y aura une transition sans Kabila. Nous allons faire appel officiellement au peuple congolais pour chasser le Président Kabila”.
Implicitement, Katumbi évoque l´alinéa 1 de l´article 64:
- “Tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d´individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l´exerce en violation des dispositions de la présente Constitution”.
1.5- Digital Congo.Net: “Félix Tshilombo consacre un coup d´Etat constitutionnel”
-“(...) Enfin, parlons du modus operandi. Ils utilisent la rue, au regard de l´article 64. Malheureusement une lecture biaisée et à moitié fausse leurs jugements puisque le peuple doit faire échec, oui, mais comment et pourquoi?”;
- “(...) En étant instrumentalisé par des hommes? Non. Et pour renverser un pouvoir légal? Non plus. Donc ils veulent exposer des jeunes à subir les revers de l´alinéa 2 de l´article 64”.
Et maintenant, la Belgique se dévoile et se mêle dans la pagaille congolaise:
1.6- Le Potentiel du 08 octobre 2017:- “Alexander De Croo: ‘Pas d´issue possible avec Kabila’”.
Alexander De Croo est le vice-Premier Ministre de la Belgique qui aurait fait la déclaration suivante:
- “(...) Il me semble plus évident que le Congo n´organisera pas d´elections cette année. Si cela continue comme ça, elles n´auront pas lieu l´année prochaine non plus. Le plan, à savoir confier à Kabila la transition vers des élections auquelles il ne peut participer, a échoué”.
- “(...) il faut instaurer une certaine stabilité avant de pouvoir accorder un financement et ensuite mettre partiellement fin à la corruption ».
- Le gouvernement de Kabila peut-il être maintenu en fonction durant un tel processus ?: « Dans les conditions actuelles, je ne vois pas comment ce serait possible ».
Comme on le constate, tels des aveugles devant décrire un éléphant, chacun, de l´article 64, choisit l´alinéa qui lui convient. Et tout cela, légalement et constitutionnellement. Tout le monde a raison et tout le monde a tort. Que le peuple se damne!
2) - Les contradictions de la Constitution: lecture des articles 64, 70, 218 et 220 de la Constitution.
Dans la première partie, nous avons présenté la description des Médias congolais sur l´idée de la transition sans Kabila, avec comme argumment d´appui, l´article 64 de la Constitution.
Qu´avons-nous constaté?
Nous avons constaté que les Partis politiques et les hommes politiques congolais, opposition ou Majorité se réfèrent à l´article 64 de la Constitution en l´escamotant: l´Opposition radicale se base sur l´alinéa 1 de cet article, ignorant son alinéa 2; la Majorité se fonde sur l´alinéa 2 ignorant l´alinéa 1 du même article.
On peut donc dire que la Constitution procède par contradiction: elle veut une chose et son contraire à la fois. C´est la raison pour laquelle l´Opposition radicale, avec motif légal, déclare illégal le Pouvoir de Kabila. C´est aussi la raison pour laquelle la Majorité, à sa juste valeur, accuse l´Oppostion radicale de chercher à créer l´insurrection dans le pays. Tout le monde a raison et tout le monde a tort. Ainsi s´installe une crise sans solution, un prélude du chaos.
Il faut, en effet, rappeler que les actions pacifiques et non-violentes dont parle Dokolo contiennent en elles mêmes les germes de la violence. En premier lieu, lorsque les Opposants utilisent l´alinéa 1 de l´article 64, ils sont dans leur plein droit constitutionnel. Cependant, il est un peu impensable que l´on puisse amèner le peuple à marcher sur le Pouvoir sans que celui-ci ne se défende. D´autant plus que l´alinéa 2 de l´article 64 lui donne le droit d´agir et de réprimer toute insurrection.
C´est ici le moment d´expliquer comment notre Constitution a produit des contradictions qui donnent des bases légales de la violence dans la rue. Ces contradictions ne se retrouvent pas seulement dans l´article 64. Elles sont présentes dans quelques autres articles. Nous prendrons, ici, l´exemple des articles 64, 70, 218 et 220.
Que dit chacun de ces articles et quelles sont les contradictions qui en découlent?
Pour répondre à cette question, nous allons présenter chaque article par ordre numérique et, dans la mesure du possible, établir une relation entre chaque article et l´usage dont s´en font les partis politiques selon les articles décrits dans la partie 2 de ce texte:
2.1)- Article 64:
Premier alinéa: “Tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d´individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l´exerce en violation des dispositions de la présente Constitution”;
- Congo Indépendant: “L´article 64, un schéma putschiste?”:
-“Appelons le peuple congolais à user de son devoir sacré de faire échec, avec des moyens pacifiques et non-violents, à la tentative du Président Joseph Kabila de se maintenir au Pouvoir au-delà du 31 décembre 2017, en application de l´article 64 de la Constitution”.
-“Le premier alinéa de l´article 64 de la Constitution ne dit pas autre chose ‘Tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d´individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l´exerce en violation de la présente Constitution’ ”.
- Congo Actualités: “RDC: L´Opposant Katumbi veut faire appel à la rue si Kabila reste au Pouvoir”.
-“ Si le Président Kabila n´organise pas des élections au 31 décembre, il y aura une transition sans Kabila. Nous allons faire appel officiellement au peuple congolais pour chasser le Président Kabila”.
Deuxième alinéa: “Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction contre la nation et l´Etat. Elle est punie conformement à la loi”;
- 7sur7.cd: “Transition sans Kabila: Atundu accuse Katumbi-Thsisekedi-Soros-Filimbi-Lucha de ‘putsch’”.
-“(...) Il est évident que ceux qui parlent de la crise de légitimité envisagent d´écarter le président Kabila du pouvoir sans élections ne visent qu`à remettre en cause la Constitution et l´Accord de la Saint Sylvestre pour destabiliser tout le processus électoral”.
-Digital Congo.Net: “Félix Tshilombo consacre un coup d´Etat constitutionnel »
-“(...) Enfin, parlons du modus operandi. Ils utilisent la rue, au regard de l´article 64. Malheureusement une lecture biaisée et à moitié fausse leurs jugements puisque le peuple doit faire échec, oui, mais comment et pourquoi?”;
- “(...) En étant instrumentalisé par des hommes? Non. Et pour renverser un pouvoir légal? Non plus. Donc ils veulent exposer des jeunes à subir les revers de l´alinéa 2 de l´article 64”.
2.2)- Article 70:
- Jeune Afrique: “Fin du mandat de Kabila: ce que dit vraiment l´arrêt de la Cour Constitutionnelle” -12/05/2016:
- “Sur requête de plus de la moitié des Députés nationaux de la RDC, la Cour Constitutionnelle a prononcé mercredi son arrêt en interprétation au sujet de la date de la fin du second mandat de Joseph Kabila si la présidentiellen´est pas organisée dans le délai constitutionnel”;
- “La Cour a été saisie pour interpréter notamment l´article 70 alinéa 2 de la Constitution”;
Jeune Afrique pose la question suivante:
“Pourquoi cette interprétation?”;
En guise de réponse Jeune Afrique explique qu´il existe deux positions diamétralement opposées autour de l´application de l´article 70:
- “D´un côté, il y a ceux qui soutiennent que le Président Joseph Kabila, arrivé à la fin de son mandat, doit demeurer en fonction en attendant l´installation effective de son successeur élu; de l´autre, il y a ceux qui considèrent au contraire que la fin du mandat de Joseph Kabila non suivie de l´installation effective du nouveau Président élu crée la vacance de la Présidence de la République. (...) Auquel cas la fonction de Président de la République est assurée par le Président du Sénat”.
On peut se poser la question suivante: de ces deux positions laquelle correspond réellement à la vérité?
La réponse est simple: les deux.
Pourquoi?
Parce que,
a)- l´article 70 de la Constitution sous-tend chacune de ces positions. L´Opposition radicale se base sur l´alinéa 1 de cet article:
- Premier alinéa: “Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois”.
- Jeune Afrique affirme que pour l´Opposition:
-“Si la présidentielle ne se tient pas dans les délais constitutionnels, le 19 décembre (2016), Monsieur Kabila doit quitter le pouvoir”;
- 7sur7.cd: “RDC: Felix Tshisekedi et Moïse Katumbi demandent une transition sans Joseph Kabila” (Le 19 septembre 2017):
-“(...) Pour prévenir le vide juridique et le chaos dans la perspective de la non-tenue des élections le 31 décembre 2017 au plus tard, nous exigeons une transition sans Monsieur Kabila, devenu illégal et illégitime”.
Parce que,
b)- l´article 70 de la Constitution sous-tend chacune de ces positions. La Majorité Présidentielle se base sur l´alinéa 2 de cet article:
- Deuxième alinéa: “A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu`à l´installation effective d´un nouveau Président élu”.
- Jeune Afrique affirme que pour la Majorité:
-“L´Opposition se trompe d´arguments en s´appuyant sur des dispositions constitutionnelles qui ne nécessitent aucune interprétation tellement sont claires”;
Quelle a été, alors, la décision de la Cour Constitutionnelle?
La Cour constitutionelle a tranché de manière suivante:
-“À la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu`à l´installation effective du Président élu”.
Autrement dit, ajoute Jeune Afrique:
-“(...) Pour consacrer le principe de la continuité de l´Etat (...)”.
Comme nous le constatons, l´article 70 de la Constitution est bicéphale et crée des contradictions. Tout le monde a raison, tout le monde a tort. Et que le Peuple se damne!
Dans ces conditions, quelle est la position qui peut être considrée comme logiquement vraie?
À mon humble avis, si l´on admet que nous sommes dans un Etat de Droit, la position logiquement vraie est celle appuyée par la Cour Constitutionnelle, d´autant que, selon l´article 168 de cette même Constitution:
-“Les arrêts de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d'aucun recours et sont
immédiatement exécutoires. Ils sont obligatoires et s'imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, civiles et militaires ainsi qu'aux particuliers. Tout acte déclaré non conforme à la Constitution est nul de plein droit”.
Nous pouvons ajouter un autre argument à cela: la Constitution n´a pas prévu le cas où les élections ne sont pas organisées et que le sucesseur du Président n´est pas élu et effectivement installé.
Ces arguments sont logiquement vrais, mais, politiquement, ils ne le sont pas. Ainsi donc la crise politique dans notre pays poursuit son bonhomme de chemin.
Pour résoudre cette crise les politiciens ont eu recours à deux dialogues: le dialogue du 18 octobre 2016, dirigé par Monsieur Eden Kodjo au nom de l´Unité Africaine (UA) et le dialogue du 31 décembre 2016, convoqué par le Président de la République et dirigé par la CENCO.
On doit dire que, suivant les pas de la Constitution, chacun de ces accords a créé plus de contradictions qu`à apporter une solution à la crise politique.
2.3)- L´Accord du 18 octobre 2016.
Dans son article 5, l´Accord du 18 octobre 2016 prévoit:
- “Tenant compte des délais impératifs pour la constitution du nouveau Fichier électoral, les Parties s´accordent sur les éléments du calendrier global ci-après”:
- Premier alinéa: “(...) Dès la convocation des scrutins, la CENI est chargée de préparer et d´organiser les élections du Président de la République, des Députés nationaux et provinciaux dans un délai de 6 mois” -(à partir du 30 octobre 2016)-
Comme tout le monde le sait, la convocation des scrutins n´a pas eu lieu. Ainsi, dans leurs prises de position les Opposants dits radicaux se basent sur cet alínea pour réclamer la “Transition sans Kabila”.
- Deuxième alinéa: “(...) Toutefois, en collaboration avec le Comité de Suivi, la CENI devra procéder à l´évaluation de son calendrier, pour s´assurer de sa mise en oeuvre et en tirer toutes les conséquences pour son parachèment”.
En bon Français, cela signifie dans le cas où les délais ne sont pas respectés, la CENI et le Comité de Suivi peuvent re-évaluer un nouveau calendrier et, à leur guise.
Comme tout le monde le sait, la convocation des scrutins n´a pas eu lieu. Ainsi, dans ses prises de position la Majorité se base sur cet alinéa pour rejeter l´idée de la “Transition sans Kabila”.
Ainsi donc, l´Accord du 18 octobre crée des contradictions de façon que tout le monde a raison et tout le monde a tort et que le Peuple se damne.
2.4)- L´Accord du 31 décembre 2016.
Au chapitre III.2.1, l´Accord du 31 décembre dispose:
- “Les parties prenantes s´engagent à respecter la Constitution du 18 février 2006 telle que révisée en 2011, notamment les dispositions ci-après”;
Ici, il s´agit de l´article 70 de la Constitution et il y a deux alinéas contradictoires:
- Premier alinéa: “(...) Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois”.
Comme tout le monde le sait, la convocation des scrutins n´a pas eu lieu. Ainsi, l´Opposition radicale se base sur cet alinéa pour réclamer la “Transition sans Kabila”.
- Deuxième alinéa: “(...) À la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu`à l´installation effective du nouveau Président élu”.
L´Accord conclue: “Sous réserve émise par le Front pour le Respect de la Constitution, il s´ensuit que, bien qu´étant à la fin de son mandat, le Président de la République restera en fonction jusqu`à l´installation effective de son sucesseur”.
L`Accord du 31 décembre, connu sous le nom de l´Accord de la Saint Syvestre, au Chapitre IV.2 traite du processus électoral, en deux alinéas contradictoires:
- Premier alinéa: “(...) Les parties prenantes coniviennent de l´organisation des élections en une seule séquence présidentielle, législatives nationales et provinciales au plus tard en décembre 2017”.
L´Opposition radicale se base sur cet alínea pour réclamer le départ de Kabila, arrivé fin mandat, étant donné qu`au 30 septembre, le corps électoral n´a pas été convoqué par la CENI.
- Deuxième alinéa: “(...) Toutefois, le Conseil National de Suivi de l´Accord et du Processus Eletoral, le Gouvernement et la CENI, peuvent apprécier le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections”.
En bon Français, cela signifie dans le cas où les délais ne sont pas respectés, la CENI, le Comité de Suivi et le Gouvernement peuvent re-évaluer un nouveau calendrier et, à leur guise.
Comme tout le monde le sait, la convocation des scrutins n´a pas eu lieu. Ainsi, dans ses prises de position la Majorité se base sur cet alinéa pour rejeter l´idée de la “Transition sans Kabila”.
Ainsi donc, l´Accord du 31 Décembre crée des contradictions de façon que tout le monde a raison et tout le monde a tort et que le Peuple se damne.

“Et maintenant, que vais-je faire et maintenant que tout est fini?”
Non, il ne s´agit pas d´un tiret de la chanson de Gilbert Bécaud.
Il s´agit de:
3) - “Morte la bête, mort le venin”: le salut du pays viendra des articles 5 et 108 de la Constitution;
Dans les chapitres précédents, nous avons décrit la situation telle qu´elle se présente et quelles en sont ses causes. Nous avons constaté que si crise il y a, la faute incombe, non aux politiciens ni aux partis politiques, mais à la Constitution et à ses corrolaires, les Accords issus des derniers dialogues: ces deux entités ont délibérement créé les germes du chaos social à partir des contradictions entretenues dans leurs articles. .
Que faire?
Considérant que les racines de la crise se trouvent dans la Constitution, il n´y aurait que deux voies possibles à suivre: organiser le référendum, soit pour soumettre les deux accords à l´appréciation du Peuple, soit pour la révision de la Constitution. C´est ce que j´appelle “morte la bête, mort le venin”.
Aucune autre voie ne pourra amener le Pays à la paix sociale et à la non-balkanisation de la RDC.
Pour traiter du référendum, nous devons analyser trois articles de la Constitution: l´article 5; l´article 218 et l´article 220.
3.1)- L´article 5 de la Constitution.
Cet article dispose:
- “La souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l´exerce directement par voie de référendum ou d´élection et indirectement par ses représentants”.
Que je sache, les représentants du peuple ne sont ni le Gouvernement, ni les Partis politiques ni la Société civile. Les représentants du peuple sont les Députés. Or les Députés n´ont pas éte les signataires des fameux Accords. Nous y reviendrons.
3.2)- L´article 218 de la Constitution.
L´article 218 de la Constitution affirme ce qui suit:
- “L´initiative de la révision constitutionnelle appartient concurrement:
1- au Président de la République;
2- au Gouvernement après délibération en Conseil des Ministres;
3- à chacune des Chambres du Parlement à l´initiative de la moitié de ses membres;
4- à une fraction du peuple congolais, en l´occurrence 100.000 personnes s´exprimant par une pétition adressée à l´une des deux chambres;
Chacune de ces initiatives est soumise à l´Assemblée Nationale et au Sénat qui décident à la majorité absolue de chaque Chambre, du bien fondé du projet, de la proposition ou de la pétition de révision.
La révision n´est définitive que si le projet, la proposition ou la pétition est approuvée par référendum.
Toutefois, le projet, la proposition ou la pétition n´est pas soumise au référendum lorsque l´Assemblée Nationale et le Sénat réunis en Congrès l´approuvent à la majorité des trois cinquièmes des membres les composants”.
Ma suggestion est sur l´organisation du référendum, soit pour réviser la Constitution soit pour soumettre les deux accords à l´appréciation du peuple.
En ce qui concerne les deux Accords, une erreur épouvantable a été délibérement commise. En effet, alors que les deux Accords sont séparés, indépendants et parallèles, on a faussement fait croire à l´opinion publique que l´Accord du 31 Décembre supprimait l´Accord du 18 Octobre. Aucun Accord n´est supérieur à l´autre. Il faudra donc soummettre les deux accords à l´appéciation du Peuple, via Référendum. Le Peuple devra choisir lequel des deux peut être d´application ou jeter les deux dans la poubelle et cela, conformément à l´article 5 de la Constitution. Aucun Accord n´est, d´ailleurs, supérieur à la Constitution, raison pour laquelle les deux Accords se réfèrent à elle.
Pour ce qui est de la Révision de la Constitution, le problème est à la fois simple et complexe. Il est simple car l´Article 218 la prévoit clairement. Mais, ce problème est complexe pour deux raisons: l´article 220 de la Constitution et le chapitre II.1 de l´Accord du 31 Décembre 2016.
3.2.1- L´article 220 de la Constitution.
L´article 220 de la Constitution verouillent certains aspects devant être revisés:
- “La forme républicaine de l´Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l´indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l´objet d´aucune révision constitutionelle”.
L´Opposition radicale se base sur l´article 220 pour défendre le point de vue selon lequel, par, exemple, tout peut être révisé, sauf le mandat du Président de la République, en l´occurrence, le mandat du Président Kabila.
Il faut souligner que la Constitution ne dit nulle part que l´article 220 ne peut pas être révisé.
Mais, l´Opposition a pris la précaution de défendre sa potision lors du dialogue de la CENCO et dans l´Accord signé.
En premier lieu, au chapitre II.1, dans le Préambule, l´Accord dispose:
- “Les parties prenantes s´engagent à respecter la Constitution du 18 Février 2006 telle que modifiée en 2011. (...) Nonobstant l´article 5 alinéa 1er qui dispose: ‘la souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l´exerce directementt par voie de référendum ou d´élections et indirectement par ses représentants’, elles s´engagent à n´entreprendre ni soutenir aucune initiative de révision et de changement de la Constitution”.
Cet argument ne tient pas debout, car, on sait que, mis à l´écart le Gouvernement, les Partis politiques et la Société Civile signataires de l´Accord de la Saint Sylvestre ne peuvent pas s´ériger en iniciateurs de la révision constitutionnelle. Il s´agit, clairement de l´usurpation des pouvoirs et de la violation de l´article 218 de la Constitution. Selon cet article, il n´appartient nullement ni aux Partis politiques ni à la Société civile de prendre l´initiative de la révision constitutionnelle. D´autant plus qu´ils ne sont pas les représentants du Peuple, aux termes de l´article 5 de la Constitution.
En deuxième lieu, les Opposants ont fait prévaloir leur point de vue, en utilisant ce que l´on appelle “argument ad hominem”. En effet, ils prennent le Président Joseph Kabila en tenailles et à témoin. Cela au chapitre II.2 de l´Accord de la Saint Sylvestre. En date du 15 novembre 2016, le Président Kabila avait fait, devant le Parlement, réuni en Congrès, la déclaration suivante:
- “(...) À tous ceux qui semblent se préoccuper à longueur de journées de mon avenir politique, je tiens à dire, tout en les remerciant, que la RDC est une démocratie constitutionnelle. Toutes les questions pertinentes relatives au sort des institutions et de leurs animateurs sont réglés de manière satisfaisante par la Constitution”.
À partir de cette déclaration présidentielle, l´Opposition a conclu: “Ainsi, ayant accompli deux mandats, il ne peut donc pas en briguer un troisième”.
Les Opposant ont raison s´ils se réfèrent à l´alinéa 1 de l´article 70 de la Constitution. Mais, est-ce que le Président Kabila, en disant ce qu´il a dit, se référait vraiment à l´ alínea 1 de la Constitution, ou à l´alinéa 2 de la même Constitution? Seul le Président peut répondre à cette question.
- Considérations finales.
Dans ces réfléxions, j´ai voulu partager avec mes compatriotes mes préoccupations sur la crise politique actuelle de notre pays. Mon objectif était de fournir, particulièrement aux jeunes, des éléments de connaissance politique qui puissent leur permettre d´opiner en connaissance de cause. L´analyse a démontré que la crise actuelle n´est créée ni par l´Opposition radicale, ni par la Majorité Présidentielle, encore moins par la Société Civile et le Peuple. La grande coupable, c’est la “Constitution du 18 Février 2006”. C´est elle qui a pondu des articles bicéphales qui amènent le chaos dans le pays.
C´est elle qui doit être modifiée pour sauver le pays du chaos et de la balkanisation.

MULEKA DITOKA WA KALENGA
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À QUI CELA PEUT INTÉRESSER: LE PROF. TONGELE NOUS ALERTE. LISEZ CE QUE JE LUI AI ÉCRIT
"Monsieur le Professeur Tongele,

J´ai lu votre article publié ce Congo Indépendant et intitulé "La sciences est indispensable pour l´éradication de la pauvreté en RDC". Comme congolais et chercheur, je suis parfaitement d´accord avec vous, surtout en ce qui concerne la proposition des remèdes au problème que vous soulevez. À ce propos, je voudrais suggérer une autre voie de remède: "le recensement des inventeurs congolais et la publication de leurs découvertes". Dans cet ordre d´ídée, je me considère comme inventeur car j´ai trois brevêts d´invention au Brésil. Je suis Docteur en Sciences de l´Université de São Paulo. En effet, unechose est d´affirmer que les intellectuels congolais n´inventent rien, autre chose est de savoir s´il y a des congolais qui ont inventé quelque chose. Le Gouvernement devrait créer un projet chargé d´inventorier les thèses, les découvertes produites par les congolais dans tous les domaines relatifs à la technologie. Personnellement, pour ma thèse de doctorat, j´ai analysé le jeu africain connu comme awale (kissolo) ainsi que le livre du destin égyptien. J´ai découvert les algorithmes mathématiques de ces systèmes africains et j´ai utilisé ces algorithmes pour créer des modèles physiques qui peuvent être exploités et transformés en produits industriels. Pour vous en donner une idée, je vous invite à lire, en annexe, un article publié par Lubumbashi Infos. Cet article intitulé "Le premier ordinateur du monde est africain" traite des résultats de mes recherches. Enfin, je souhaiterais d´être en contac avec vous pour des échanges d´idées et d´expériences.

KAZIMOTO PACOME PAPSON
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Vraiment j'ai été témoin de cette démonstration quand le Professeur DITOKA MULEKA nous a donné le Cours de la Logique de Programmation à l'Université de Lamina (UNIKAM), Franchement il est extraordinaire.