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Le ministre de la communication de RDC Lambert MENDE n’est pas que réputé bon parleur. A la faveur de ses sorties en bon marketeur ou chargé du démenti, de communication et de l’image du gouvernement, il s’est fait affubler des épithètes parfois peu reluisantes. Surtout, il semble que certains, si non plusieurs, le considèrent comme un imposteur. Et ce n’est pas fini ! Le ministre chargé de la nouvelle citoyenneté a un parler qui contraste bien avec ce que devrait être une « bonne citoyenneté », une des tâches de son ministère : savoir parler à tout le monde sans oublier de respecter chacun. Et surtout, l’image de menteur le précède en plusieurs de ses actions. Pourtant, il ne dit pas que ce qui est faux.

L. MENDE

Lambert MENDE, Porte-parole du gouvernement de RDC. Source: okapi.net

Il y a sûrement beaucoup à dire sur ce ministre qui porte un portefeuille des plus chargés des deux derniers gouvernements de la République démocratique du Congo. Il est le ministre de d’information et de la communication (des médias), du démenti ! chargé de la nouvelle citoyenneté, de l’amélioration de l’image du gouvernement, des relations avec le parlement et porte-parole du même gouvernement. Oublions le fait qu’il dirige son propre parti politique et assume bien d’autres responsabilités qui ont des ramifications plus ou moins lointaines avec ses charges de ministre. Il ferait même partie des personnes influentes au tour du président Joseph Kabila, et parfois même, figure des plausibles présidentiables.

Des nuages vers la terre

Cette position l’a conforté et aidé, déjà d’une souplesse d’esprit remarquable. Et, sa rhétorique aisée que l’artiste Papa Wemba a noircie de son encens alors qu’il croyait amadouer en lançant dans une de ses chansons, « l’Homme au verbe facile ». (L’expression signifierait, celui qui a l’injure ou l’insulte facile ! Et le concerné aurait demandé au musicien d’effacer de son œuvre cette phrase gênante! Ceci, à l’heure où un ministre avait tenté d’interdire qu’on cite les membres du gouvernement dans la musique). Ironie, vérité ou lapsus ? Libre à vous de conclure !

Lambert Mende est apparut aux yeux des jeunes, dans un premier temps de sa carrière de porte-parole du gouvernement, comme une intelligence des plus rares du Congo. Au campus, à Lubumbashi, comme dans les discussions des jeunes dans les quartiers, on a parlé de lui. Aussi vite que sa popularité a grimpé, de la même manière elle a caracolé dans le désamour auprès de la même population jusqu’à ce jour. On a commencé à remarquer que son discours, souvent cohérent du point de vue formel (forme), n’est toujours en adéquation avec la réalité vécue à Kinshasa et dans en province. Il lui serait même arrivé une fois de prendre une position que le gouvernement n’a pas soutenue par la suite.

Quelle nouvelle citoyenneté ?

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Les militaires congolais lors d’un défilé à Lubumbashi. Photo M3 Didier.

Et pour toute confusion avec son rôle de chargé de la nouvelle citoyenneté, il ne soutient pas souvent pour lui, des positions qu’il est forcé de changer, la vérité étant souvent têtue. C’est le cas récent de la présence des militaires ougandais au Kivu que tout le monde a vu sauf son gouvernement qui finalement a été forcé d’admettre que ces étrangers étaient bien là, pour « des opérations conjointes avec les FARDC. » Alors que les ONG internationales, les médias étrangers, la société civile des Kivu annonçaient une fois la naissance d’une rébellion qui bénéficiait du soutien de Bosco NTAGANDA, MENDE soutenait durant de longs mois qu’il n’y avait rien à Goma. Malheureusement le M23 ne pouvait pas se cacher. Et à propos de ce mouvement rebelle, alors qu’on annonçait son entrée dans Goma, dans un point de presse, le ministre de la nouvelle citoyenneté répétait obstinément que Goma était sous contrôle malgré les précisions apportées par des journalistes présents avec lui dans la salle de conférence de presse. Goma était tombé bien avant le début de la rencontre avec la presse. En toute citoyenneté, mentir est une faute grave.

Un rapport des ONG accuse de négligence criminelle le gouvernement congolais dans le dossier du décès d’une centaine de rebelles démobilisés. Celui-ci répond à travers son porte-parole de manière choquante. Aucune responsabilité de l’Etat en tout cela. Même quand les démobilisés ou prisonniers meurent de faim. En réalité, c’est une moquerie et un manque de respect regrettable pour les morts et pour leurs familles.

Des prises de paroles parfois incommodes

Il serait injuste de soutenir que MENDE soit devenu forcément un menteur. Assez souvent, « il dit aussi la vérité constate un politicien de l’opposition. C’est peut-être la forme, la manière de le dire qui déplait ». Mais ce qui a fait que les kinois lui colle l’épithète « Tshaku national » (le perroquet…) ou le « Vuvuzélateur national » (chanteur, souffleur de Vuvuzela, un instrument de musique sud-africain mondialisé au Mondial 2010), c’est surtout « son obstination à montrer que ceux qui critiquent ne voient rien ou ont toujours tort. La population voit et juge ou apprécie, poursuit le même politicien. » Et en cela, il ne manque pas de choque, de scandaliser en frôlant parfois l’insulte ou le mépris. C’est le cas lors de sa sortie après l’impétueuse déclaration des évêques catholiques contre la réforme de la constitution. Il s’en est pris fortement au clergé catholique au point qu’un journaliste a dit « j’ai vu en lui un Lumumbiste qui réglait des comptes avec cette église à laquelle s’opposait son maître (Lumumba) ».

Du vieux avec du neuf

MENDE semble ne pas parfois se préoccuper de la teneur des mots qu’il largue à ses détracteurs et à ceux du gouvernement. Lorsqu’il lançait à Rus Fengold, l’envoyé des Etats-Unis dans les Grands Lacs « Vous qui êtes-vous [pour nous faire des leçons]? Vous dites A, je vous dis B »… plusieurs analystes des Relations internationales ont estimé qu’il était allé loin. Il est toujours important que l’on se respecte et qu’on respecte certains principes comme les rapports des forces ou la préséance.

⇒A lire à ce sujet : « VOUS, QUI ETES-VOUS ?»… MENDE EST ALLE UN PEU LOIN.

Faire du neuf avec du vieux, pas toujours facile ! Lambert MENDE appartient à un autre temps. Ce temps du maréchal Mobutu où beaucoup de choses roulaient comme certaines encore aujourd’hui. Qu’un des membres de ce temps encore très récent aspire à animer ou impulser une nouvelle citoyenneté, et que souvent cela rebute par son être ou son agir, c’est admettre en dernière lecture ce que disent les français : chasser les naturels, ils reviennent au Galop !

Certains catholiques se sentent gênés. Lorsqu’on touche à l’identité religieuse, dans plusieurs sociétés, c’est assez risqué ! La citoyenneté responsable, nouvelle qu’elle soit, devrait considérer cela. Bien communiquer, lorsqu’on est chargé de la communication ou simple communicateur, c’est aussi et surtout savoir à qui on parle, la personne en face.

One thought on “MENDE : UN MINISTRE AU SERVICE DE LA RDC OU DU GOUVERNEMENT ?

  1. c’est bien dommage, allez-y comprendre quelle nouvelle citoyenneté impul-t-il, une citoyenneté de mensonge et de manque de respect pour les autres. Oh mon Dieu qi’avons-nous fait pour mériter de tel dirigeants. Je dirais comme Doc de la série « Chris » Tragique.

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