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Comment ne pas résister de se rendre à d’aller à Kolwezi lorsque vous en avez l’occasion ? Deuxième ville du Katanga, Kolwezi inspire le fric, surtout le fric facile et une vie bien. Difficile de ne pas penser aux mines et à ces nombreux minings qui gonflent les rêves.

Erosion-Kolwezi katanganews net

Les érosions sont multiples à Kolwezi. Cette photo a été prise au quartier Kasulo. Source: Dominique Kasolo/Katanganews

Jai donc décidé de visiter quelques quartiers de Kolwezi. Mes randonnées me conduisent le premier jour à la cité Manika, une espèce de la commune de Kenya à Lubumbashi. Populaire. Il y a du monde, même un peu loin du marché dont on ne sait pas du  tout facilement établir  les limites. On vend presque partout. Une jeune femme étale des fripes « au prix de Kenya à Lubumbashi » crie-t-elle sans arrêt. Tout son capital ne dépasse pas 60 USD. Elle n’arrive même pas à nouer les deux bouts.

Vie chère

A huit heures du matin, les magasins n’ouvrent pas encore. Peut-être parce que c’est la lundiose.  Plusieurs articles y sont vendus au double, voire au triple des prix de Lubumbashi. Pour deux giga octets d’une carte mémoire, je dois débourser 15.000 FC, environ 17. Je sors donc sans la pièce. « On croit que tout le monde descend dans les carrières pour « ramasser » de l’argent » ironise un compagnon.

La tendance reste la même pour le reste. La farine de maïs, même les poissons frais du Lualaba sont relativement chers. Le loyer galope à la vitesse de l’exode rurale et des émigrations internes. Les entreprises minières et sociétés de services y sont nombreuses, mais les jeunes à la quête d’emploi sont de plus en plus nombreux. « Je suis ici depuis la fin de mes études à l’université, il y a trois ans, je n’ai rien trouvé jusque là », explique un jeune homme. Pourtant, on rencontre quand même ceux qui travaillent et qui donnent l’air de se plaire de leur situation. « Mais ils ne sont que très peu », insiste la même personne.

Difficile aussi de ne pas voir cette crasse tellement lancinante quelle donne l’air de vous traquer un peu partout. Et où elle diminue ou disparaît, apparaît du sable mouvant.

A Mwangeji, un quartier situé à l’entrée de la ville sur la route vers le Lualaba, le fleuve Congo, un petit marché mal rangé et où l’on vend aliments et quelques fringues anime le coin. Un rondpoint coiffe le coin. Il porte deux camions, une pelle et un chargeur, juchés sur des pilonnes de façon à ne pas manquer d’être vus à première vue. Le message semble à peu près « bienvenue au royaume du cuivre et du cobalt » ou « ici on exploite du cuivre. » Tout au tour du carrefour, une station service, des échoppes et surtout, une poignée de taxi bus qui se rendent à Manika, en ville et à Kasulo.

Kasulo dragon

Kolwezi, digitalcongo net

Un creuseur artisanal se plonge dans un puits minier à Kolwezi. Source: www.digitalcongo.net

Un frère et une amie me dissuadent de me rendre à Kasulo, ce quartier depuis environ une année, transformé en carrière minière artisanale, détruisant des maisons, à la recherche de cuivre te cobalt. Surtout, il est le quartier où l’on meurt « en abondance » commente un jeune home dans le taxi bus qui nous ramène au centre-ville. L’hécatombe dans laquelle 15 personnes ont péri, il y a trois semaines,  anime encore les conversations et les peurs. Certains ont décidé de ne pas se rendre dans ce quartier fortement terrifié.

Pour expliquer la mort de ces 15 personnes qui portaient des marques de brûlures en sortant de la terre, on raconte que ces victimes (creuseurs artisanaux) ont touché aux fétiches qui se sont retournés contre eux. Un dragon pour exploiter plus de minerais. D’ailleurs, les convoyeurs des taxis bus crient en appelant leurs clients « Kasulo dragon » devenu une épithète tantôt laudative (pour les creuseurs qui se sentent forts comme un dragon), tantôt péjorative (pour dénoncer le recours aux fétiches pour s’enrichir.

Une ville vieillissante

Je retourne donc en ville. Près de la SNCC, un parc des jeux réjouit les enfants durant plusieurs  heures. C’est le lieu  où tout semble en ordre. Des routes gardent encore leur éclat à plusieurs endroits. Mais l’image globale du centre de Kolwezi est celle d’une ville vieillissante. Elle se déplace alors un peu partout et va jusqu’en annexe, au quartier Gécamines bâti pour des employés, il y a plusieurs décennies. Certaines maisons paraissent abandonnées, pourtant, il y a du monde.  De nouvelles, il en a très peu de bonne qualité et on en trouve à Joli site, vers le Lualaba. D’autres qui naissent, gonflent des bidonvilles et témoignent d’une pauvreté sans nom.

Je dis alors Kolwezi ne change pas du tout. « Il ne changera pas maintenant, oubliez ça ! » réplique-t-il. Voilà qui fait mal. La région de Kolwezi prodigue à la RDC la grande part du cuivre et du cobalt que l’on vend au monde. Plutôt que de profiter aux foules, les individus s’en repaissent !

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