Incroyables concurrents : le gaou, le maître ou l’élève ?

source: www.oxydiane.net

Ne cherchez jamais noise à personne, le premier ! La réplique est souvent la plus forte. Là c’est mon grand-père. Je ne crois pas avoir la taille d’un humoriste. Mais voici une drôle de rixe : professeur de français contre élève. Voilà le thème de la dernière soirée qui m’a fait rire.[1]

L’oiseau s’envole, le cochon reste

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Un professeur de français était installé dans une cafétéria. Il mangeait un sandwich tout en sirotant un café à la l’odeur savoureuse. Arriva un élève qui prit place sur la table en face. Il n’avait pas encore passé sa commande. Le professeur un homme adepte de la  ségrégation entre élèves et professeurs en rigueur dans une ancienne colonie belge, l’apostropha.

  • Hey, c’est quoi ça ?
  • Je viens à la cafet’
  • Tu ne vois donc pas que je suis là ? … Ecoute, fiston : on ne met pas ensemble les oiseaux et les cochons.

L’élève se leva

  • Alors je m’envole, moi ! dit-il.
  • Hein ? Qu’est-ce que tu dis ? Mais tu es impoli. Toi un oiseau, et moi ?…

Chacun prend ce qui lui manque

Un conflit larvé était né. Le prof de français allait l’avoir. Il ne savait d’ailleurs quand. Le lendemain à la première heure, alors que les élèves ne s’étaient pas tous assis, il marqua de sa craie blanche au tableau noir comme son cœur revanchard : « Interrogation : 100 points. » Voilà qui devait terroriser la classe. Sans doute, l’élève impoli seul était visé. Au bout de 10 minutes de cette interro-punition, le prof ramassa les copies. Face à l’oiseau envolé la veille, il ne put s’empêcher de dire :

  • Dis donc, crois-tu que cette fois-ci tu m’auras ? Je sais que tu as échoué. Tu vas voir, bourrique !

L’ado ne dit rien. Le prof corrigea le papier illico. Curieusement il ne trouva aucune faute. L’élève méritait le maximum des points.

  • Allez, cette fois je vais voir si tu es vraiment intelligent : entre un sac d’intelligence et un autre d’argent, quel est ton choix?

Sans réfléchir, l’élève répondit :

  • Le sac d’argent.
  • Alors tu es moins intelligent, je le savais. Vous avez vu, hein ? dit l’enseignant s’adressant à la classe.

Pas du tout impressionné, l’élève qui attendit la fin des hilarités de ses collègues influencés par l’enseignant tint à expliquer son choix :

  • Monsieur, chacun prend ce qui lui manque.

Chacun sert son maître

C’est assassin pour le professeur. Il fut presque tétanisé. Diminué, il s’en pressa de pousser l’élève vers la porte. Hélas pour lui, la violence était interdite depuis quelques années dans les écoles. L’élève sortit calmement ne regrettant rien de son choix. Il avait déjà de l’intelligence. Pourquoi ne choisirait-il pas ce qui lui manquait ?

  • Dieu est grand, dit-il.
  • Satan n’est pas non plus petit, répliqua l’enseignant.
  • Oui monsieur, chacun sert son maître.

Décidément, l’enseignant avait tout perdu. Il s’écroula.

[1] L’histoire n’est pas à moi, pas à lui, pas non plus à celui qui l’a compté à celui-là. Auteur oublié, s’il s’y retrouve, salutation. Droit d’auteur non garanti. La trame de fond, les scènes sont rapportées fidèlement. La forme est mienne.

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